Séraphin Bouc

Né à Lachenaie le 27 octobre 1788 et baptisé deux jours plus tard en la paroisse Saint-Charles, Séraphin Bouc est le fils de Charles-Jean-Baptiste Bouc, homme politique et marchand, et d’Archange Lepage. Il est par le fait même le frère de Charles-Guillaume Bouc, patriote exilé en Australie. Séraphin Bouc s’établit en tant que cultivateur à Sainte-Anne-des-Plaines.

Le 8 septembre 1812, il est nommé lieutenant dans le 3e bataillon de milice de Blainville participant ainsi à la guerre canado-américaine. Il épouse Françoise Dalcourt, fille de Joseph Dalcourt et d’Angélique Gravel, le 5 octobre 1813 dans la paroisse Saint-Louis-de-France à Terrebonne. Homme influent dans son comté, Bouc est élu député de Terrebonne sous la bannière patriote lors des élections générales de 1834 aux côtés de Louis-Hyppolite LaFontaine. Il demeure en fonction jusqu’à sa mort survenue le 29 juillet 1837 à Sainte-Anne-des-Plaines à l’âge de 48 ans et 9 mois. Il est inhumé dans l’église paroissiale le 31 juillet suivant. Bouc ne participe donc pas à la prise des armes vers la fin de 1837.

Dès l’adoption des 92 Résolutions en février 1834, Bouc participe à plusieurs rassemblements politiques afin de soutenir celles-ci. D’abord, il est présent à une assemblée publique tenue le 13 mars 1834 aux portes de l’église de Terrebonne et sous la présidence de François Coyteux. Il est alors nommé sur le Comité permanent du comté de Terrebonne pour la paroisse de Sainte-Anne-des-Plaines en compagnie notamment de Jérôme Longpré.

Il préside ensuite une assemblée à Sainte-Thérèse de Blainville le 10 avril suivant, devant 250 à 300 habitants où « il invite les personnes présentes à réunir tous leurs efforts pour faire triompher la cause du peuple canadien ». Le 30 avril, il fait un discours devant 300 personnes lors d’un rassemblement sous la pluie battante à New-Glasgow. Nommé vice-président de cette assemblée, Bouc est nommé au sein d’un comité de correspondance.

Puis, les 4 et 5 décembre 1834, il est convoqué à une réunion à Montréal organisée par le Comité de correspondance du district de Montréal dans le but d’enquêter sur l’économie et le commerce, sur les ravages du choléra et sur les revenus et dépenses du gouvernement.

Enfin, lors d’une assemblée tenue à Saint-Martin sur l’île Jésus le 12 juin 1836, il seconde la 2e résolution selon laquelle le peuple rappelle sa fidélité au gouvernement lors des derniers conflits politiques.

Dans sa déclaration de culpabilité, le docteur Jean-Baptiste-Henri Brien considère Séraphin Bouc comme étant l’un des principaux chefs rebelles aux tendances républicaines dans le comté de Terrebonne.

Références :

BAC, MG 24, B 39, déclaration de Jean-Baptiste-Henri Brien, 18 novembre 1838.

BAC, Manuscript Group, no. 24, série B 129, p. 23, 29-38.

DESCHÊNES, Gaston, Dictionnaire des parlementaires du Québec 1792-1992, Bibliothèque de l’Assemblée nationale, Les Presses de l’Université Laval, 1993, 859 p.

La Minerve, 20 mars 1834, 14 avril 1834, 9 mai 1834.

LAPORTE, Gilles, Patriotes et Loyaux. Leadership régional et mobilisation politique en 1837-1838, Sillery, Septentrion, 2004, 415 p.

Le Canadien, 20 juin 1836, 15 novembre 1839.

The Vindicator, 18 mars 1834, 6 mai 1834, 14 juin 1836.

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