Archive for the 'Biographies' Category

Une veuve implore l’aide du vieux Papineau

décembre 20th, 2009

L’histoire dont il est question cette semaine porte sur une courte, mais captivante lettre qui fut récemment publiée dans l’ouvrage de Georges Aubin, Lettres de femmes au XIXe siècle (aux éditions du Septentrion).

Rose-Émilie-Anne (Annie) Woods est baptisée à Sainte-Marie-de-Monnoir le 1er mars 1820. Elle est la fille du Dr William Woods et de Suzanne Atkinson. Le 5 août 1839, elle épouse à Vaudreuil le patriote Hercule Dumouchel, fils du marchand patriote de Saint-Benoît, Jean-Baptiste Dumouchel. À l’âge de 29 ans, Dumouchel s’éteint au même endroit, le 21 février 1854.

Sept ans plus tard, il appert qu’Annie Woods se retrouve sans le sou, ayant sous sa charge quelques enfants. Elle rédige alors une courte lettre à l’endroit du vieux tribun canadien-français de 75 ans, Louis-Joseph Papineau, alors à la Petite-Nation, en date du 4 février 1861. Cette lettre, signée « Mme Veuve d’Hercule Dumouchel », se lit comme suit :

Très honoré Monsieur,

Vous voudrez bien pardonner à une alliée d’une famille que vous avez toujours honorée de votre amitié, et qui se recommande à vous avec confiance et espérance que vous la soulagerez dans la pénible détresse où elle se trouve aujourd’hui.

Veuve et mère de quatre enfants qui ont encore besoin de mes soins, je n’ai que peu de moyens et le seul travail de mes mains pour les soutenir. J’ai donc recours à votre générosité, persuadée que je n’implorerai pas en vain une assistance que vous accordez à bien d’autres sans doute. Si donc vous aviez la bonté de me gratifier de quelque chose, je vous en serais très humblement reconnaissante pour moi et mes chers orphelins et, en attendant ce que vous jugerez à propos de faire, je me souscris avec respect et considération, très honoré monsieur, votre très humble servante.

Sur ce, je tiens à souhaiter un joyeux temps des Fêtes à tous mes lecteurs. Je serai de retour dans les pages de L’ÉVEIL le samedi, 9 janvier 2010.

Jean-Baptiste Lalande

août 22nd, 2009

Jean-Baptiste Lalande naît à Saint-Eustache le 20 juillet 1792. Il est issu du second mariage de son père Jean-Baptiste Lalande et de Félicité Leduc.

Jean-Baptiste Lalande épouse en premières noces Marie Fortier à Saint-Eustache le 5 août 1811. Il se marie ensuite avec Marie-Sophie Meilleur le 5 juin 1820 au même endroit. Les divers recensements nous donnent quelques détails sur la vie de Jean-Baptiste Lalande. Nous savons qu’il est un cultivateur résidant sur le rang Fresnière à Saint-Eustache.

Il participe à l’un des plus importants rassemblements politiques tenus à Saint-Eustache le 14 avril 1834. L’assemblée, convoquée par les familles constitutionnelles De Bellefeuille et Globensky, prend cependant un virage inattendu. En effet, elle est « détournée » par des partisans patriotes. Les loyaux de Saint-Eustache, dont Lalande fait parti, sont donc obligés de poursuivre leur réunion chez le notaire Globensky où ils adoptent 5 résolutions allant à l’encontre des 92 Résolutions du Parti patriote. De plus, les bureaucrates obtiennent l’appui de 215 personnes présentes à leur assemblée. Jean-Baptiste Lalande est l’un des signataires de l’adresse.

Étrangement, après cette incursion dans le camp loyal, Lalande est considéré comme étant compromis en 1837 par le curé Paquin qui réalise un inventaire de l’allégeance politique de ses paroissiens en 1839. De plus, il est jugé d’une manière encore plus radicale puisqu’il est qualifié de rebelle par le docteur Charles O’Doherty qui réalise un recensement des habitants de Saint-Eustache en 1839. Jean-Baptiste Lalande meurt à Saint-Eustache le 3 mars 1851 à l’âge de 58 ans.

François Mallet (1re de 2 parties)

juillet 18th, 2009

François Mallet joue un rôle non négligeable dans le comté des Deux-Montagnes en 1837. Né à Lachine (Montréal) le 2 mars 1780, il est le fils de Joseph Mallet et d’Angélique Tabaut (Tabeau).

Le 14 février 1814, Mallet épouse à Pointe-Claire Hippolyte Mallet. Le couple a quelques enfants dont Joseph qui est aussi impliqué dans les événements insurrectionnels. Selon le recensement de 1831, François Mallet serait un cultivateur résidant sur la côte nord de la petite rivière du Chêne (Rivière-Nord).

Au niveau politique, François Mallet est impliqué dans le camp patriote en 1837. En a-t-il toujours été ainsi ? Rien d’aussi sûr puisqu’on le retrouve, selon toute vraisemblance, à deux rassemblements bureaucrates en 1834. Il est d’abord signataire de l’adresse adoptée lors d’une assemblée tenue à Saint-Eustache le 14 avril 1834. On le retrouve ensuite à l’assemblée constitutionnelle de Saint-André-d’Argenteuil le 23 décembre 1834. C’est à ce moment que l’on forme une association vouée à la sauvegarde des droits des loyaux du comté des Deux-Montagnes, la St. Andrews Constitutional Association.

Son allégeance politique semble évoluée entre 1834 et 1837. En fait, il est signataire de l’invitation en vue de l’assemblée anticoercitive prévue le 1er juin 1837 à Sainte-Scholastique. Nous ne savons toutefois s’il participe réellement à ce rassemblement.

Selon son examen volontaire du 30 janvier 1838, Mallet aurait été commandé par le docteur Chénier de se rendre au camp patriote de Saint-Eustache. Cependant, en raison de son âge avancé, le chef patriote lui permis de « s’en retourner ».

Théodore Baulne

juin 20th, 2009

Théodore Baulne est un cultivateur de la paroisse de Saint-Eustache en 1837. Fils d’André Baulne et de Marie-Angélique Campeau, il naît à Saint-Eustache le 9 novembre 1803. Les registres paroissiaux le nomment « Baûne ». Le 29 août 1825, il épouse à Saint-Eustache Marie-Anne Lanthier. Si l’on se base sur le recensement de 1831, Baulne est un cultivateur résidant sur la côte sud de la petite rivière du Chêne (Rivière-Sud).

Le rôle de Baulne dans les événements qui nous intéressent demeure limité, quoique intéressant. On le retrouve d’abord participant à l’assemblée loyale tenue à Saint-Eustache le 14 avril 1834. Ce rassemblement prend cependant une tangente réformiste en raison de la présence imposante de patriotes dans l’assistance. Les loyaux sont alors obligés de poursuivre leur assemblée chez le notaire Globensky. C’est là que les constitutionnels, incluant Baulne, signent une adresse loyale contenant plus de 200 noms.

Le nom de Baulne se retrouve ensuite dans une déposition réalisée par Michel Leblanc, cultivateur de Saint-Eustache, le 1er janvier 1838. Le déposant affirme ainsi avoir été présent « chez le nommé Théodore Baulne, son voisin, la veille de la bataille qui a eu lieu à Saint-Eustache, lorsque le nommé Antoine Groulx a arrêté et a commandé le dit Théodore Baulne d’aller immédiatement à Saint-Eustache pour rencontrer l’ennemi qui avançait ».

Enfin, il est considéré comme étant compromis dans la rébellion de 1837 par le curé Paquin qui réalise un recensement de l’allégeance de ses paroissiens en 1839. Théodore Baulne décède à Saint-Eustache le 13 mai 1885, à l’âge de 82 ans.

Thomas Brunet

mai 23rd, 2009

Thomas Brunet naît à Saint-Eustache le 7 avril 1805. Il est le fils de Thomas Brunet et de Marie-Magdeleine Vaillancourt. Brunet épouse d’abord en la cathédrale d’Ottawa Elmire Richard, le 25 août 1833. Il se marie ensuite avec Marie-Arthémise Cazal dit Girardeau, à Saint-Eustache, le 4 novembre 1845. Brunet réside sur la côte du Lac à Saint-Eustache. Le recensement de 1842 le qualifie toutefois de « voyageur ».

Thomas Brunet réalise une seule déposition relativement à son implication dans les événements de 1837 à Saint-Eustache. Réalisé en 1880, ce témoignage est publié en 1883 dans le fameux ouvrage de Charles-Auguste-Maximilien Globensky, La Rébellion de 1837 à Saint-Eustache. Il affirme avoir été obligé de fuir Saint-Eustache afin de se réfugier à Saint-Martin. Le jour de l’affrontement, il se serait rendu à la hauteur du Grand-Moulin, et à cet endroit, il aurait capturé un fugitif nommé Alexandre Poirier qui courait sur la glace.

Cet Alexandre Poirier, dont il est question, corrobore les affirmations de Brunet. Il affirme n’avoir point tenté d’appréhender Brunet quelques jours avant la bataille puisqu’il était « un homme brave et renommé par sa force, [...] et ne voulus point forcer [ses] compagnons à engager un combat avec lui ». Il confirme aussi avoir été capturé alors qu’il fuyait le village. Brunet lui aurait alors lié les mains avec de la corde afin de le constituer prisonnier.

Thomas Brunet est aussi considéré comme étant un loyaux par Jean-Baptiste Paquin, son capitaine de milice de l’époque, dans une liste datée du 11 septembre 1839. Thomas Brunet meurt à Saint-Eustache le 7 septembre 1892, à l’âge de 87 ans.

Jacques Labrie. Écrits et correspondance : quelques détails… (2e de 2 parties)

mai 9th, 2009

Dans ma dernière chronique, j’ai débuté un court résumé de ce qu’est Jacques Labrie. Écrits et correspondance, mon premier livre à voir le jour.

La seconde partie de mon ouvrage porte sur la correspondance de Jacques Labrie. En effet, j’ai rassemblé 40 lettres rédigées de sa main, toutes datées entre 1813 et 1831. Le contenu de cette partie est presque totalement inédit. Labrie y traite notamment des affaires du pays, du projet d’Union en 1822, de la crise politique et de son élection en 1827, d’éducation, de médecine et évidemment, d’histoire.

Enfin, la troisième partie du livre comprend divers écrits portant sur le personnage. Que ce soit des articles de journaux, des extraits de toutes sortes, des témoignages, divers documents d’archives, tous aussi inédits. Cette dernière partie comprend en outre le fameux « résumé » de son Histoire du Canada, brûlée à Saint-Benoît durant les troubles de 1837.

Ce livre sur Jacques Labrie demeure un ouvrage, non seulement sur la vie et l’œuvre de cet important personnage de l’histoire du Québec, mais aussi, qui dresse un portrait sociopolitique du comté des Deux-Montagnes, et particulièrement de Saint-Eustache, dans le premier tiers du XIXe siècle.

Publié aux éditions du Septentrion, Jacques Labrie. Écrits et correspondance sera disponible dans toutes les bonnes librairies à compter du 12 mai prochain. Il sera aussi disponible à la Maison de la culture et du patrimoine de Saint-Eustache (manoir Globensky).

Jacques Labrie. Écrits et correspondance : quelques détails… (1re de 2 parties)

mai 2nd, 2009

Dans notre chronique de la semaine dernière, j’annonçais la publication de mon tout premier ouvrage intitulé Jacques Labrie. Écrits et correspondance (Éditions du Septentrion).

Cette semaine, je vous fais part de quelques petits détails sur ce projet concrétisé. D’abord, de quelle manière est-il construit ? Très simple. En réalité, la réponse se trouve dans le titre. La première partie de mon livre dresse un portrait biographique du personnage. J’ai mis l’accent sur certaines périodes de vie plus ou moins escamotées par l’historiographie. Entre autres, je pense à son passage en tant qu’étudiant au vieux Séminaire de Québec entre 1798 et 1804, puis à son passage à l’Université d’Édimbourg en 1807-1808, dans le but de parfaire ses connaissances médicales.

En soi, le Dr Jacques Labrie (1784-1831) a été le témoin de grands moments dans l’histoire du Québec. Proche des Papineau, Viger, Blanchet, Neilson, Morin et Girouard, il a surtout joué un rôle déterminant dans l’évolution réformiste du comté des Deux-Montagnes, dans le premier tiers du XIXe siècle. Labrie a été impliqué dans plusieurs domaines, que ce soit l’éduction (il a fondé et tenu des écoles), le journalisme (il a fondé le Courier de Québec), la médecine, la politique (il a été député du comté d’York, puis Deux-Montagnes de 1827 jusqu’à son décès en 1831), auteur et historien (il a traduit l’ouvrage Les Premiers rudiments de la Constitution britannique et est l’auteur de l’Histoire du Canada).

La semaine prochaine, je vous résume les deux autres parties de mon ouvrage.

Un livre sur le Dr Jacques Labrie

avril 25th, 2009

Un projet long et fastidieux que de publier un premier ouvrage, mais ô combien valorisant. Je suis très heureux d’annoncer à mes lecteurs de L’ÉVEIL la publication prochaine de mon tout premier livre Jacques Labrie. Écrits et correspondance qui verra le jour aux éditions du Septentrion, l’une des plus importantes maisons d’édition dans le domaine de l’histoire au Québec.

Ce projet tire son origine en 2001, à la suite de mes études universitaires. Dans le cadre d’un cours intitulé Histoire intellectuelle du Québec, j’avais jadis rédigé un travail portant sur l’héritage historique de ce personnage. Ma curiosité sur ce grand eustachois était piquée. Dès 2002, je me suis mis à la tâche de retranscrire quantité de ses documents manuscrits. Par la suite, plusieurs années ont passé avant que je retouche au projet. En 2006, je me suis remis à la tâche presqu’à temps-plein.

Mon projet de publication a connu plusieurs formes au fil du temps. Originellement, mon objectif était seulement de publier le « résumé » de son Histoire du Canada ; document trop peu traité dans l’historiographie québécoise. Avec mes lectures sur le sujet, et à la suite des conseils de quelques-uns de mes plus proches collaborateurs, j’ai finalement décidé d’ajouter à la biographie du personnage, une partie portant sur sa correspondance et sur divers écrits.

Le tout s’est finalement terminé en mars 2007 lorsque je remis mon manuscrit complété chez Septentrion. C’est à l’automne suivant que je reçu une réponse positive de cette maison d’édition. Jacques Labrie. Écrits et correspondance sera disponible en librairie à partir du 12 mai prochain (date provisoire). Pour plus de détails, vous pouvez consulter le www.septentrion.qc.ca.