Louis-Sévère Lambert-Dumont

Fils du seigneur Eustache-Nicolas Lambert-Dumont et de Marie-Narcisse Lemer-Saint-Germain, Louis-Sévère Lambert-Dumont naît le 7 octobre 1810 à Saint-Eustache et est baptisé le même jour. Il est le huitième d’une famille de quinze enfants. Très tôt dans sa vie, le jeune Sévère est initié à l’administration seigneuriale. Son père lui cède d’ailleurs le bail du domaine seigneurial non loin du village de Saint-Eustache. Lors du décès de son père en 1835, Sévère n’a que 24 ans. Le 21 août 1835, lui et son frère aîné Charles-Louis renoncent officiellement à la succession de leur père, qui était criblé de dettes.

Au niveau militaire, Sévère est aussi initié très tôt à la milice locale, tout comme son frère. En 1826, il est enseigne dans le 1er bataillon du comté d’York pour la division de la Rivière-du-Chêne. Puis, de 1828 à 1830, il occupe le poste d’adjudant au sein de l’état-major du même bataillon.

L’implication politique du jeune co-seigneur de la Rivière-du-Chêne débute à l’assemblée loyale tenue à Saint-Eustache le 14 avril 1834 afin de dénoncer l’adoption des 92 Résolutions par la Chambre d’assemblée. Réunissant plusieurs centaines de personnes, l’assemblée est perturbée par quelques patriotes tant et si bien que les organisateurs Globensky, de Bellefeuille et Lambert-Dumont doivent poursuivent leurs allocutions chez le notaire Frédéric-Eugène Globensky.

Sévère Lambert-Dumont participe ensuite à un autre rassemblement constitutionnel se tenant cette fois à Saint-André, dans la seigneurie d’Argenteuil, le 23 décembre 1834. On y crée alors la St. Andrews Constitutional Association (l’Association constitutionnelle de Saint-André) qui réunie 170 membres dont Sévère Dumont.

Le 26 novembre 1837, la famille Lambert-Dumont quitte le village de Saint-Eustache à la suite d’une longue répression exercée sur elle par les rebelles les plus radicaux au cours de l’été et de l’automne 1837. Leur résidence sert aux insurgés dans l’établissement d’un camp armé et plusieurs s’y barricadent lors de la bataille du 14 décembre 1837. On y arrête d’ailleurs quelques insurgés cachés au sous-sol de la résidence.

Son nom se retrouve ensuite sur quelques documents intéressants. D’abord, aux côtés de plusieurs citoyens eustachois en janvier 1839, Sévère Dumont prie le gouverneur, par le biais de son secrétaire d’état civil, de nommer son frère Charles-Louis magistrat stipendiaire à Saint-Eustache en compensation des pertes subies lors de l’insurrection de 1837 dans le comté des Deux-Montagnes.

Par la suite, il signe respectivement deux pétitions (l’une le 2 juin 1839 et l’autre non datée) afin de réclamer des compensations monétaires aux citoyens de sa paroisse pour les dommages subis en 1837, et enfin pour que les dites sommes allouées par la Commission des pertes leurs soient envoyées dans les plus brefs délais.

Sévère Lambert-Dumont, jeune milicien au sein de la compagnie du capitaine George Phillips à Saint-Eustache, est considéré par ce dernier comme étant « loyal », dans une liste datée du 7 septembre 1839. De plus, il est aussi considéré de la sorte par le docteur Charles Gordon O’Doherty qui réalise un recensement de l’allégeance politique des habitants de Saint-Eustache en septembre 1839.

Enfin, suite à quelques procès familiaux et seigneuriaux, Sévère nomme son frère aîné comme procureur spécial dans l’administration de ses intérêts le 24 septembre 1840. Toutefois, Charles-Louis n’aura que très peu le temps d’aider son frère cadet puisqu’il meurt subitement en 1841 tout comme sa femme. Pour sa part, Louis-Sévère Lambert-Dumont décède à son tour de manière prématurée le 26 décembre 1841 à Saint-Eustache et est inhumé deux jours plus tard. Il avait tout juste 31 ans.

Références :

BAC, Feddocs, Lower Canada Rebellion looses claims 1837-1855, Project no 19-2, RG 19, series E-5-B (R200-113-0-F), volume 5482, no 190.

[Anonyme], Journal historique des événements arrivés à Saint-Eustache pendant la Rébellion du comté du lac des Deux-Montagnes depuis les soulèvements commencés à la fin de novembre, jusqu’au moment où la tranquillité fut parfaitement rétablie – par un témoin oculaire, Montréal, publié par John Jones, 1838, 59 p.

BAnQ, « Documents relatifs aux événements de 1837-1838 », Fonds Ministère de la justice, M-165-2, no 654, déposition de Sévère Dumont, 9 décembre 1837.

BAnQ, « Documents relatifs aux événements de 1837-1838 », Fonds Ministère de la justice, M-165-7, no 3998, plusieurs citoyens de Saint-Eustache prient le gouverneur de nommer M. C.-L. Dumont, magistrat stipendiaire à Saint-Eustache, en compensation des pertes qu’il a subies pendant l’insurrection, 12 janvier 1839.

BAnQ, « Documents relatifs aux événements de 1837-1838 », Fonds Ministère de la justice, M-165-7, no 4003, pétition de plusieurs citoyens de Saint-Eustache, 2 juin 1839.

BAnQ, « Documents relatifs aux événements de 1837-1838 », Fonds Ministère de la justice, M-165-7, no 4007, pétition des plusieurs citoyens de Saint-Eustache Charles Poulett Thompson.

BAnQ, Milice et défense. Documents antérieurs à la Confédération, Bureau de l’adjudant général, Bas-Canada 1776-1850, RG9, IA5, volumes 14-15-16. Registre d’officiers, 1831-1846, bobine nos 8495, 8496 et 8497.

Archives de la paroisse de Saint-Eustache (APSE), Registre des baptêmes, mariages et sépultures, Registre 1835-1845, 28 décembre 1841, sépulture de Louis-Sévère Lambert-Dumont.

GIROUX, André, « Eustache-Nicolas Lambert-Dumont », La Revue des Deux-Montagnes, no 6, mars 1997, p. 44-70.

GIROUX, André,  « Les héritiers d’Eustache-Nicolas », La Revue des Deux-Montagnes, no 6, mars 1997, p. 71-81.

GIROUX, André, « Les pertes matérielles dans le village de Saint-Eustache », La Revue des Deux-Montagnes, no 10, octobre 1998, p. 43-57.

La Minerve, 17 avril 1834, 15 mai 1834.

L’Ami du Peuple, 9 avril 1834, 16 avril 1834, 21 mai 1834, 5 juillet 1834.

Montreal Gazette, 8 avril 1834, 19 avril 1834, 8 janvier 1835.

Montreal Herald, 12 avril 1834.

PAQUIN, Jacques, « Tableau politique », La Revue des Deux-Montagnes, annoté par Claude-Henri Grignon, no 5, octobre 1996, p. 43-65.

Quebec Mercury, 6 janvier 1835, 7 janvier 1835.

The Vindicator, 15 avril 1834, 25 avril 1834.

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