John Ryan : leader patriote irlandais de Saint-Colomban

John Ryan naît en 1796. Il est vraisemblablement originaire du comté de Tipperary en Irlande. On peut supposer qu’il immigre au Bas-Canada au milieu des années 1820, au début de la colonisation de la future paroisse de Saint-Colomban. Il se marie à Johanna Burke, fille de Michael Burke et de Catherine Mahan. Ensemble, ils ont six enfants : John, Heloïse, Richard, Bridget, James et Francis.

À son arrivée dans la région de la rivière du Nord, il acquiert, en compagnie de Joseph Burke, une terre de 99 arpents et 45 perches du lot 53 de Joseph Labelle. Il se fait ensuite concéder le lot 230 de la côte Saint-Paul le 15 juillet 1825 par les sulpiciens. En 1831, il vend un emplacement d’un arpent par un arpent de ce même lot de Saint-Colomban à René-Ovide Testard De Montigny et Guillaume Prévost, tous deux marchands, et un nommé Lamothe.

D’après les recensements de l’époque, John Ryan est maître d’école et demeure sur le lot 53 de la rivière du Nord. Il occupe, semble-t-il, 150 acres de terre dont 16 en culture. Il procède finalement à la vente d’une terre de 3 x 25 arpents du lot 230 ainsi que trois maisons, des granges et autres bâtiments en bois à Mathiew O’Neil, le 29 mars 1839.

John Ryan est cependant plus connu dans le comté des Deux-Montagnes pour son implication politique dans le cadre des rébellions de 1837-1838. En effet, on peut le considérer comme l’un des principaux agitateurs patriotes de la paroisse de Saint-Colomban en compagnie de John et Daniel Phelan, Patrick Purcell, Félix Murphy et Michael Sexton. En ce sens, il participe à quelques rassemblements populaires entre 1834 et 1837. Ainsi, il seconde la 7e résolution lors d’une assemblée à Saint-Benoît le 20 mars 1834. Il est alors nommé sur le Comité permanent du comté des Deux-Montagnes.

Puis, lors d’une assemblée tenue à Saint-Benoît le 18 juin 1835, John Ryan est nommé au sein de l’Union patriotique du comté des Deux-Montagnes pour la paroisse de Saint-Colomban en compagnie de Phelan et Sexton. Cette association nationale est principalement vouée à la défense des droits des Canadiens face à l’oppression militaire, judiciaire et administrative du gouvernement. Quelques semaines plus tard, on retrouve Ryan à une assemblée à Saint-Colomban le 19 juillet 1835 sous la présidence du capitaine Daniel Phelan. Lors de ce rassemblement, on forme la Reform Association et Ryan est nommé secrétaire-correspondant de cette branche de l’Association de Montréal.

Par la suite, il participe à une assemblée tenue le 11 avril 1836 à Saint-Benoît où l’on adopte 12 résolutions. Pour sa part, John Ryan propose la 4e motion qui ne fonde plus aucun espoir envers le chef de l’exécutif provincial en qui l’on voyait un individu capable, par son autorité, de réparer quelque peu les abus de l’administration coloniale, et qui dénonce la continuation du système « absolutiste » traduite dans les instructions de lord Glenelg.

Enfin, il participe activement à la grande assemblée de Sainte-Scholastique le 1er juin 1837 devant plus de 2 000 personnes. Afin de protester contre les mesures coercitives de lord John Russell, l’assemblée adopte neuf résolutions. Ryan seconde la première de celles-ci qui réitère les principes adoptés le 11 avril 1836 qui « dénonce vivement la partialité, la duplicité, les préférences d’origines et la corruption avec lesquelles les ministres de la couronne, la commission royale et l’administration de la province, ont continué d’agir envers la représentation du peuple ».

Tout comme les autres patriotes de Saint-Colomban, John Ryan ne semble pas avoir pris les armes en 1837 et 1838. Gravement malade, il rédige son testament devant le notaire Augustus Mackay le 1er août 1864. Il lègue à son épouse Johanna Burke tous ses biens meubles. Son fils James hérite pour sa part de la maison familiale, d’un cheval rouge âgé de quatre ans et d’un poulain de huit ans, d’une charrue et d’une charrette presque neuve. John Ryan décède finalement à Saint-Colomban, le 9 août 1864.

Références :

BAnQ, greffe du notaire Augustin Dumouchel, minute 489, vente d’une terre de 99 arpents et 45 perches sur le lot 53 entre Joseph Labelle et John Ryan, 10 octobre 1823.

BAnQ, greffe du notaire Augustin Dumouchel, minute inconnue, vente d’un emplacement de 1 x 1 arpent du lot 230 de la côte Saint-Paul à René-Ovide Testard De Montigny, Guillaume Prévost et un certain Lamothe par John Ryan, 1831.

BAnQ, greffe du notaire Augustus Mackay, minute 2249, vente d’une terre de 3 x 25 arpents du lot 230 comprenant aussi trois maisons, des granges et autres bâtiments en bois à Mathiew O’Neil par John Ryan, 29 mars 1839.

BAnQ, greffe du notaire Augustus Mackay, minute 7370, testament de John Ryan, 1er août 1864.

BAnQ, greffe du notaire Nicolas-Benjamin Doucet, concession du lot 230 de la côte Saint-Paul accordée à John Ryan par les seigneurs, 15 juillet 1825.

FILTEAU, Gérard, Histoire des Patriotes, Montréal, Éditions de l’Aurore, 1er trimestre 1975, édition originale parue en 1938, 495 p.

FORGET, curé Isidore, St-Colomban: Notes généalogiques. Document manuscrit rédigé entre 1902 et 1905, archives de M. Claude Bourguignon, 123 p.

La Minerve, 5 juin 1837.

LAPORTE, Gilles, Patriotes et Loyaux. Leadership régional et mobilisation politique en 1837-1838, Sillery, Septentrion, 2004, 415 p.

Le Canadien, 6 juillet 1835.

The Vindicator, 25 mars 1834, 31 juillet 1835, 15 avril 1836.

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