Jean-Marie Bricault dit Lamarche

Jean-Marie Bricault dit Lamarche naît à Saint-Eustache, le 17 novembre 1778. Il est le fils de Jean-Marie Lamarche et de Marie Jeannotte-Lachapelle. Il est vraisemblablement le frère aîné de Jean-Baptiste, dont le nom est aussi présent dans quelques documents relatifs aux événements de 1837. Il épouse Marie Lanthier à Saint-Eustache le 9 février 1807. Alors âgée de 18 ans, celle-ci est la fille de Louis Lanthier et de Josephte Charbonneau.

Le recensement de 1825 nous confirme qu’il s’établit sur la côte de la Petite rivière (du Chêne) dans la paroisse de Saint-Eustache et que sa famille compte 5 membres. En 1828, Bricault dit Lamarche est marguillier au sein de la fabrique de la paroisse de Saint-Eustache. En 1831, nous savons que Bricault dit Lamarche est un cultivateur sur la côte nord de la rivière du Chêne (chemin de la Rivière-Nord). Il possède alors 127 arpents de terre dont 109 en culture. En outre, ses avoirs se détaillent comme suit : 265 minots de blé, 52 minots de pois, 260 minots d’avoine, 40 minots d’orge, 15 minots de seigle et 100 minots de pommes de terre. Il est aussi propriétaire de 18 bovins, 4 chevaux, 26 moutons et 11 porcs. Le recensement de 1842 nous apprend peu de chose, mis à part le fait que son foyer compte toujours 5 personnes.

Nous connaissons l’existence de quelques documents qui prouvent que Jean-Marie Bricault dit Lamarche a un certain rôle à jouer dans la mobilisation politique qui caractérise le comté des Deux-Montagnes entre 1834 et 1837. En ce sens, Bricault dit Lamarche participe à l’assemblée constitutionnelle tenue à Saint-Eustache le 14 avril 1834. Organisé par le clan seigneurial bureaucrate que sont les Lambert-Dumont, De Bellefeuille et Globensky, le rassemblement vise d’abord à dénoncer les 92 Résolutions adoptées plus tôt en 1834 par le Parti patriote. L’assemblée est toutefois perturbée par des partisans réformistes présent dans la foule, forçant les loyaux à poursuivre leur réunion chez le notaire Frédéric-Eugène Globensky. C’est à cet endroit que les constitutionnels signent une adresse de loyauté à sa majesté britannique. Bricault dit Lamarche est du nombre des signataires. Il ne semble pas participer à d’autres assemblées populaires entre 1834 et 1837.

À la suite du passage de l’armée anglaise dans le comté des Deux-Montagnes, Jean-Marie Bricault dit Lamarche semble avoir été victime de pillage à son domicile, vraisemblablement au moment de leur marche de Saint-Eustache vers Saint-Benoît le 15 décembre 1837. En effet, Bricault dit Lamarche réclame à la Commission des pertes une somme de 10 £, 5 sols et 9 deniers « pour des effets pillés par les troupes et les volontaires ». Pourtant pas impliqué dans le camp patriote en 1837, Bricault dit Lamarche ne reçoit du gouvernement que 6 £, 8 sols et 3 deniers.

Selon une liste réalisée par le capitaine George Phillips de sa compagnie de miliciens, en date du 7 septembre 1839, Jean-Marie Bricault dit Lamarche est considéré comme étant un « loyal » par son capitaine. Tout comme son frère Jean-Baptiste, il est aussi qualifié de « loyaux » par le docteur Charles Gordon O’Doherty qui réalise une liste exhaustive, en septembre 1839, de l’allégeance des habitants de Saint-Eustache en 1837. Il est alors recensé au nord de la petite rivière du Chêne.

Son nom figure aussi sur une « pétition des habitants de Saint-Eustache afin d’avoir l’argent nécessaire pour reconstruire l’église paroissiale » adressée au gouverneur Charles Theophilus Metcalfe et datée du 27 novembre 1844. Celle-ci dit notamment :

Qu’en conséquence de la rébellion qui a eu lieu dans cette place en 1837, entre autres édifices que les troupes de Sa Majesté ont cru devoir détruire par le feu, il y avait l’église paroissiale, le presbytère et le couvent : que la bande des déloyaux armés qui ont pris possession du village et lui ont apporté cette funeste catastrophe étaient (à peu d’exceptions près), des paroisses circonvoisines ; c’est pourquoi vos pétitionnaires considèrent qu’il est vraiment pénible qu’ils soient si sévèrement punis pour le fait des autres, et d’hommes sur lesquels ils n’avaient aucun contrôle.

Le cultivateur de Saint-Eustache Jean-Marie Bricault dit Lamarche meurt en ce lieu, le 9 mai 1851, à l’âge de 72 ans. Il est inhumé à Saint-Eustache, le 12 mai suivant.

Références :

BAC, recensement de 1825, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-718.

BAC, recensement de 1831, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-723.

BAC, recensement de 1842, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-728.

Archives de la Paroisse de Saint-Eustache. Registres des Délibérations du Conseil de l’œuvre et Fabrique, 1779-1900.

BAC, Feddocs, Lower Canada Rebellion looses claims 1837-1855, Project no 19-2, RG 19, series E-5-B (R200-113-0-F), volume 3796, no 677, p. 896 ;  no 864, p. 320 ; volume 5482, no 190.

La Minerve, 17 avril 1834, 15 mai 1834.

L’Ami du Peuple, 9 avril 1834, 16 avril 1834.

LAURIN, Clément, « Marguilliers de la paroisse de Saint-Eustache Martyrs », Cahiers d’histoire de Deux-Montagnes, Hors série, automne 1978, p. 86-88.

Montreal Gazette, 8 avril 1834, 19 avril 1834.

Montreal Herald, 12 avril 1834.

The Vindicator, 15 avril 1834, 25 avril 1834.

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