Gosford et Colborne « en guerre »

C’est tout à fait par hasard que nous avons trouvé ce sujet un peu particulier. À vrai dire, qui aurait crû qu’il existerait un jour une quelconque animosité entre le gouverneur Archibald Acheson, 2e comte de Gosford, et John Colborne, commandant en chef de l’armée britannique au Canada lors des troubles de 1837-1838. C’est La Minerve du lundi 6 février 1837 qui nous relate la situation sous le titre : « Nos Gouverneurs en guerre. » Voici de quoi il s’agit :

Il paraît que, par le temps qui cours, la discorde est partout : patriotes et constitutionnels, le Conseil et l’Assemblée, le peuple et le Gouvernement. Il ne manquait plus que la discorde au quartier général, elle y est. On nous informe de très bonne source que Son Excellence le comte Gosford notre Gouverneur civil et Sir John Colborne le gouverneur militaire des Canadas sont aux prises pour la résidence de Sorel. Le dernier prétend qu’elle lui appartient en sa qualité de militaire; le premier la réclame comme chef de l’Exécutif. Il paraît qu’on ne s’est pas borné aux simples remontrances, mais que l’affaire est soumise à la décision des Ministres de Sa Majesté. Que vont-ils décider? Peut-être réuniront-ils de nouveau ces deux places et nous serons encore une fois assez heureux d’obtenir un Gouverneur militaire pour embrouiller encore plus nos affaires qu’elles ne le sont par le Gouverneur civil.

Nos recherches n’ont pas permis de trouver de plus amples détails dans cette affaire. Toutefois, peu de temps après cet épisode, « Colborne se rendit à Montréal, tout en critiquant, en privée, le gouverneur général lord Gosford d’avoir fait venir au Bas-Canada un régiment d’Halifax, geste non nécessaire selon lui et susceptible de semer l’inquiétude » aux dires de l’historien Alan Wilson. En fait, « Colborne était convaincu que les mesures équivoques et dilatoires de Gosford n’avaient fait qu’encourager la rébellion dans la population ».

Immédiatement après les troubles de 1837, Gosford quitte sa charge, laissant à Colborne, 1er baron Seaton, l’administration de la colonie bas-canadienne.

Référence :

La Minerve, 6 février 1837.

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