Firmin Dorion : un cas douteux

Firmin Dorion est mieux connu à Saint-Eustache comme étant le fils de Charles Dorion, personnage très impliqué politiquement dans les événements de 1837, et de Marie-Louise Cousineau. Il naît d’ailleurs en ce lieu le 20 octobre 1814 et y est baptisé le lendemain. Il est aussi le frère de Jean-Baptiste Dorion, tout aussi impliqué en 1837.

Dorion se marie à deux reprises. Il épouse d’abord à Saint-Eustache le 14 novembre 1836 une certaine Adélaïde Rochon, fille d’Antoine Rochon et de Marie-Angélique Touin. Ensemble, ils ont au moins huit enfants, tous nés entre 1837 et 1848 : Louise-Joséphine, Pierre-Alexandre, Marie-Louise, Marie-Delphié, Asilda, Marie-Adélaïde, Firmin, Louis-Adélard et J.-Louis-Philias. Dorion unit ensuite sa destiné à Anastasie Legault le 16 novembre 1852 dans la paroisse de Saint-Joachim de Pointe-Claire à Montréal. Celle-ci est la fille de Jacques Legault et de Josephte Legault. Le couple a neuf enfants connus nés entre 1853 et 1866 : à savoir Marie-Rachel, Charles-Clovis, J.-Alexandre, Marie-Louise-Josephte-Anastasie, J.-Stanislas-Albert, J.-Firmin, Marie-Laure, Charles-Firmin et Marie-Élisabeth.

Nous savons en outre que Firmin Dorion est fort impliqué au sein de la milice locale. Charles Dorion, son père, a été longtemps un milicien dans la région. On retrouve donc Firmin en 1834 en tant que lieutenant du Premier bataillon du comté du Lac des Deux-Montagnes. Le 10 septembre 1839, il est jugé comme étant un « loyal »justement par Basile Choquet, son propre capitaine de milice.

En toute honnêteté, et selon toutes vraisemblances, le rôle de Firmin Dorion en 1837 ne demeure à nos yeux qu’une vulgaire hypothèse que nous croyons très peu plausible. En fait, il existe un certain « F. Dorion » qui est nommé sur le Comité permanent du comté des Deux-Montagnes lors de l’assemblée anticoercitive tenue à Sainte-Scholastique, le 1er juin 1837. Ici, le problème est double puisque premièrement, ce dernier est nommé pour la région comprenant Argenteuil, Chatham et Grenville ; très (trop) loin de son véritable patelin. Et deuxièmement, il s’agit d’un rassemblement patriote et puisqu’il est généralement reconnu que son père était un constitutionnel à Saint-Eustache, il est donc très peu probable qu’il s’agisse ici de notre homme.

En terminant, nous savons que Dorion appose son nom au bas d’une pétition des paroissiens de Saint-Eustache afin d’empêcher le départ du curé Hippolyte Moreau, le 23 novembre 1852. Firmin Dorion décède finalement à Saint-Eustache, le 31 octobre 1895. Il est inhumé en ce lieu, le 4 novembre suivant. C’est notamment son fils Albert qui agit comme témoin. Mais alors pourquoi rédiger une biographie sur un personnage qui n’a pas eu de rôle en 1837 ? Bonne question, peut-être tout simplement pour le plaisir…

Références :

Archives de l’évêché de Saint-Jérôme, Pétition des paroissiens de Saint-Eustache pour empêcher le départ du curé Hyppolite Moreau, 23 novembre 1852.

BAC, Feddocs, Lower Canada Rebellion looses claims 1837-1855, Project no 19-2, RG 19, series E-5-B (R200-113-0-F), volume 5482, no 190.

BAC, recensement de 1842, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-728.

BAnQ, Milice et défense, Documents antérieurs à la Confédération, Bureau de l’adjudant général, Bas-Canada, 1776-1850, RG 9, I A 5, volumes 14 et 16, Registre d’officiers 1831-1846, bobine 8495-8496.

La Minerve, 5 juin 1837, 12 juin 1837.

The Vindicator, 19 mai 1837, 6 juin 1837.

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