Édouard Landry

Édouard Landry ne semble être impliqué dans les événements de 1837 que bien malgré lui. Fils de Jean-Baptiste Landry, journalier à Saint-Eustache, et de Marie-Agathe Paradis, Édouard Landry naît selon toutes vraisemblances en ce lieu le 19 juillet 1807 et y est baptisé le lendemain.

Il épouse Marie-Louise Dumoulin dit Lagirofflé le 5 juillet 1839 à Saint-Eustache. Celle-ci est la fille de Charles Dumoulin et de Marie-Françoise Desforges. Ensemble, ils ont au moins six enfants connus : à savoir Alfred, Angelle, Édouard, Henriette, Marie-Louise et Scholastique. En 1825, Landry demeure vraisemblablement chez ses parents sur la côte du Lac à Saint-Eustache. On l’y retrouve d’ailleurs en 1831 et 1842 en tant que journalier.

Comme plusieurs autres citoyens de la paroisse et du village de Saint-Eustache, Édouard Landry est bien malgré lui impliqué dans l’insurrection de 1837 dans le comté des Deux-Montagnes. En fait, il est victime de la « pression » exercée par les insurgés quelques jours avant l’historique bataille du 14 décembre 1837.

Un seul témoignage nous confirme sa désertion du village en décembre 1837. C’est Eustache Janvril dit Bélair, un cultivateur de l’endroit, dans une déclaration rapportée par Charles-Auguste-Maximilien Globensky dans son ouvrage La Rébellion de 1837 à Saint-Eustache (paru originalement en 1883), qui relate sa propre fuite aux côtés d’Édouard Landry, de François Dumoulin, Joseph Gauthier, Jean-Baptiste Paquin, de son frère Charles Janvril dit Bélair et de plusieurs autres. Il affirme que durant huit jours, le groupe s’est réfugié dans un bois appartenant à M. Féré aux environs de Saint-Eustache. Toutefois, en raison du froid intense et des diverses privations qu’exigent une fuite en forêt, ces gens décident de revenir au village, dans leur domicile respectif. Janvril dit Bélair rapporte enfin que le même groupe, dont Édouard Landry, quitte ensuite le village pour se réfugier à Sainte-Geneviève (Pointe-Claire) afin de se soustraire une seconde fois à la mobilisation armée qui s’effectue à Saint-Eustache.

C’est probablement en raison de cette désertion volontaire qu’Édouard Landry est qualifié de loyaux « fuyard » par son propre capitaine de milice, Jean-Baptiste Paquin, aussi présent dans la fuite susmentionnée. « Fuyard » en ce sens qu’il s’est abstenu de participer à la prise des armes des patriotes. À noter ici que la liste réalisée par Paquin, en date du 11 septembre 1839, nous confirme aussi la fuite des autres individus dont Eustache Janvril dit Bélair a oublié les noms.

Le 27 novembre 1844, soit quelques années après l’incendie des édifices de la place publique du village de Saint-Eustache, Landry est signataire d’une « pétition des habitants de Saint-Eustache afin d’avoir l’argent nécessaire pour reconstruire l’église paroissiale », le tout adressé au gouverneur Charles Theophilus Metcalfe.

Enfin, il appose son nom au bas d’une pétition des paroissiens de Saint-Eustache afin d’empêcher le départ du curé Hippolyte Moreau, le 23 novembre 1852. Édouard Landry s’éteint à Saint-Eustache, le 9 mai 1873, à l’âge 65 ans. Il est inhumé en ce lieu, le 12 mai suivant.

Références :

Archives de l’évêché de Saint-Jérôme, Pétition des paroissiens de Saint-Eustache pour empêcher le départ du curé Hippolyte Moreau, 23 novembre 1852.

BAC, Feddocs, Lower Canada Rebellion looses claims 1837-1855, Project no 19-2, RG 19, series E-5-B (R200-113-0-F), volume 5482, no 190.

BAC, recensement de 1825, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-718.

BAC, recensement de 1831, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-723.

BAC, recensement de 1842, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-728.

GLOBENSKY, Charles-Auguste-Maximilien, La Rébellion de 1837 à Saint-Eustache, Montréal, Éditions du Jour, 1974, présenté par Hubert Aquin, édition originale parue en 1883, p. 130-131.

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