La prison des patriotes au Pied-du-Courant

Depuis l’été 2003, le siège social de la Société des Alcools du Québec (S.A.Q. loge Le centre d’exposition – La Prison-des-Patriotes nommé ainsi en raison de ses occupants les plus célèbres. Pour cause, près de 1300 patriotes y sont emprisonnés entre 1837 et 1840. À l’inauguration, le Musée de Saint-Eustache et de ses Patriotes et la Maison nationale des Patriotes assurent l’animation et l’administration du site.

La prison est construite de 1831 à 1840 selon les plans de l’architecte George Blaiklock, mais sous la direction de John Wells. La prison du Pied-du-Courant est ainsi nommée en raison de sa situation géographique (en face du courant Sainte-Marie à Montréal). Prévue pour 200 détenus, elle contiendra jusqu’à 500 personnes durant les troubles de 1837-1838. La prison est effective de 1836 à 1912, date à laquelle elle est remplacée par l’actuelle prison de Bordeaux.

L’édifice est composé d’un corps central qui assure le lien entre les deux ailes se développant en façade. Une troisième aile à l’arrière complète le plan en forme de « T ». L’utilisation de la pierre de taille, uniformément égale et grise, sans relief, renforcit le caractère austère du bâtiment. De tous les édifices publics montréalais construits en pierre de taille grise, la prison du Pied-du-Courant est le plus ancien.

Les premiers incarcérés en 1837 seront logés à la vieille prison du Champ-de-Mars puisque la nouvelle prison au Pied-du-Courant n’est pas encore terminée. Rapidement, on se retrouve à l’étroit au Champ-de-Mars et au Pied-du-Courant; on retrouve souvent jusqu’à 4 prisonniers par cellule. Celles-ci sont rudimentaires; aucun mobilier et aucune paillasse sont fournis, sans compter le chauffage qui est déficient en hiver. Chaque détenu a droit à un gallon d’eau et un pain d’une livre et demie par jour.

À la suite des procès de 1838-1839, un échafaud est érigé sur le mur d’enceinte de la prison. Celuis-ci était d’ailleurs situé à quelques mètres plus loin, aujourd’hui sur la rue Notre-Dame. Les pendaisons sont publiques afin de servir d’exemples et la foule y assiste en grand nombre. 99 individus y sont comdamnés à mort, mais seulement 12 seront pendus. Parmi ceux-ci, mentionnons les noms de Charles Hindenlang, militaire français venu combattre aux côtés de Robert Nelson à Odelltown et évidemment, François Marie-Thomas Chevalier De Lorimier, que le public connaît davantage avec le film 15 février 1839 de Pierre Falardeau.

En 1921, la Commission des Liqueurs du Québec (ancêtre de la S.A.Q.) s’installe dans le bâtiment laissé vacant depuis 1912. Le siège social de la S.A.Q. s’y trouve toujours aujourd’hui. L’édifice est classé monument historique en 1978.

Enfin, le centre d’interprétation de la Prison-des-Patriotes se situe au sous-sol de l’aile ouest du bâtiment, au coin de l’avenue De Lorimier et de la rue Notre-Dame. L’entrée y est d’ailleurs gratuite.

Référence :

Collectif, Les chemins de la mémoire, Éditeur officiel du Québec, 1991.

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