La plus grande collection privée de livres sur 1837-1838 vendue aux enchères

L’événement s’est déroulé au Ritz-Carlton de Montréal les 26 et 27 janvier 2004 par l’Hôtel des Encans, sous la supervision du commissaire-priseur, Iégor de Saint-Hippolyte. Les 1 200 ouvrages mis en vente incluaient également des manuscrits et des illustrations. Le défunt Musée de Saint-Eustache et de ses Patriotes y était.

Le tout appartenait à Mme Rosanna Seaborn, 92 ans, qui comptait sur cette vente pour financer son projet de film sur les Rébellions de 1837-1838 : Le Grand Brûlé, dont nous n’avons toujours pas de nouvelles aujourd’hui.

Une cinquantaine de personnes étaient présentes à ce grand happening, pour la plupart des libraires et des collectionneurs de livres anciens, mais aussi certaines grandes institutions telles l’Université de Montréal, Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ), Bibliothèque et Archives Canada (BAC).

Les deux lots les plus importants étaient des manuscrits lorgnés par BAnQ et pour cause : il s’agissait du journal intime de Caroline Debartzch (fille du fervent bureaucrate Pierre-Dominique Debartzch, seigneur de Saint-Hyacinthe) dans lequel on y relate les premiers affrontements dans le Richelieu. Il fut acquis pour 14 000 $ par un acheteur anonyme au téléphone.

Le second lot d’une importance capitale pour la mémoire collective québécoise était un ensemble de 11 dépositions manuscrites de patriotes exposant un éventuel complot en novembre 1838 afin de capturer le village de Longueuil. Il est à noter que BAnQ possèdent déjà l’ensemble des dépositions contenues dans le fonds du Ministère de la Justice. Encore une fois, ces archives ont échappé à BAnQ pour un montant de 15 000 $ à un acheteur anonyme.

On mentionne néanmoins dans La Presse du mercredi 28 janvier 2004 que le gouvernement québécois ne laissera pas filer hors de ses frontières de tels documents historiques. En effet, ces deux pièces ne prendront pas le chemin de Toronto ou d’ailleurs, a fait savoir la ministre de la Culture et des communications, Line Beauchamp. Pour s’en assurer, la ministre a émis le 26 janvier deux avis d’intention de classement qui impliquent que les documents en question ne pourront quitter le territoire québécois sans son consentement.

Pour sa part, le défunt Musée de Saint-Eustache et de ses Patriotes fit l’acquisition d’un livre portant sur les réclamations exigées par les victimes des troubles qui ont vu leurs biens détruits ou pillés par l’armée britannique, les volontaires loyalistes ou même par des patriotes. Publié en 1852, l’ouvrage s’intitule Rapports des pertes de la Rébellion de 1837 et 1838. Il contient la liste de tous les individus qui ont réclamé de l’argent au gouvernement à la suite des troubles de 1837-1838, le montant réclamé et le montant accordé pour chacun. Un bel ouvrage de référence conservé dans les voûtes de la Maison de la culture et du patrimoine.

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