Charles Larose

Charles Larose est sans aucun doute l’un des principaux leaders patriote de la région de Saint-Jérôme avec les membres de la famille Longpré. Né en juillet 1808 à Sainte-Anne-des-Plaines, Charles Larose est le fils de Joseph Larose et de Marie-Louise Lauzon. Il est cultivateur au bas de la rivière du Nord dans la paroisse de Saint-Jérôme. Il épouse Angélique Gagnon à Sainte-Anne-des-Plaines le 31 octobre 1834. En janvier 1838, Larose affirme ne pas avoir d’enfants, mais fait vivre son frère et sa mère.

Charles Larose ne semble pas participer aux différentes assemblées populaires entre 1834 et 1837 qui caractérisent les comtés de Terrebonne et Deux-Montagnes. Toutefois, Larose peut être à bon droit considéré  comme l’un des patriotes les plus radicaux de sa région.

Le 9 décembre 1837, il aurait participé en compagnie de Louis Bouc et Michel Lafleur à une tentative d’enlèvement sur le major Casimir Testard de Montigny, alors réfugié dans les bois, afin de le constituer prisonnier. Larose et ses acolytes refusent même un montant d’argent versé par ce dernier pour sa propre libération! Larose lui aurait ainsi répondu : « Ce n’est pas de l’argent qu’il nous faut, mais vous, vous que nous avons ordre de prendre. » De Montigny est finalement conduit au camp de Saint-Eustache par ses ravisseurs où il est gardé momentanément. Dans sa déposition du 31 janvier 1838, Jean-Baptiste Renaud de Saint-Jérôme confirme la capture de Montigny par les mêmes individus.

Charles Larose est néanmoins incarcéré à la prison au Pied-du-Courant du 17 décembre 1837 au 8 juillet 1838 pour haute trahison. Il est vraisemblablement libéré moyennant un cautionnement à la suite de l’amnistie proclamée par la nouvelle souveraine britannique.

Durant son emprisonnement, il fait un examen volontaire en date du 31 janvier 1838 dans lequel il traduit son implication dans les événements de 1837 dans les comté des Deux-Montagnes et Terrebonne : « J’ai été pris à la bataille de Saint-Eustache le 14 décembre passé les armes à la main. J’y étais rendu la veille sur les menaces que l’on m’avait faite de piller mon butin et brûler mes propriétés. Je ne connais celui qui me commanda. Le fusil que j’avais m’appartenait. Je n’avais ni poudre ni plomb et l’on ne m’en a pas donné. Je n’ai point tiré. Quand le feu fut pris dans l’église, je me suis sauvé sur la glace du côté de Sainte-Rose où je fus fait prisonnier par des Canadiens. Depuis ce temps-là, je suis prisonnier. »

Ainsi, comme plusieurs autres dépositaires, Charles Larose minimise sa participation au soulèvement armé, ne relatant à aucun endroit son implication dans l’arrestation de Montigny. Nous ne connaissons pas encore le moment et l’endroit où Charles Larose décède. Quoi qu’il en soit, il est fort probable que le cultivateur de Saint-Jérôme se tient plus tranquille lors du soulèvement de 1838 dans le comté de Terrebonne.

Références :

BAnQ, « Documents relatifs aux événements de 1837-1838 », Fonds Ministère de la justice, M-165-2, no 570, déposition de Casimir Testard de Montigny, 2 février 1838.

BAnQ, « Documents relatifs aux événements de 1837-1838 », Fonds Ministère de la justice, M-165-2, no 574, déposition de Jean-Baptiste Renaud, 31 janvier 1838.

BAnQ, « Documents relatifs aux événements de 1837-1838 », Fonds Ministère de la justice, M-165-2, no 709, examen volontaire de Charles Larose, 31 janvier 1838.

BAnQ, « Documents relatifs aux événements de 1837-1838 », Fonds Ministère de la justice, M-165-5, no 3091, Registre de la prison de Montréal en 1837-1838.

AUBIN, Georges et Nicole Martin-Verenka, Insurrection. Examens volontaires, Tome 1, 1837-1838. Montréal, Lux Éditeur, 2004, p. 72.

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