Benjamin Sauvé dit Laplante

À prime abord, soulignons le fait que Benjamin Sauvé dit Laplante n’est pas originaire du comté des Deux-Montagnes. À vrai dire, il est victime d’une expédition des gens de Saint-Eustache à l’île Bizard. Ainsi, ce n’est que très tard que le jeune Sauvé dit Laplante s’implique de force dans le mouvement de résistance armée des patriotes, sous la menace des plus radicaux.

Né vers 1814-1815 (puisque âgé de 23 ans au début 1838), Benjamin Sauvé dit Laplante est le fils de Jean-Baptiste Sauvé dit Laplante et de Catherine Joannet. Il épouse Émélie Charbonneau à Sainte-Geneviève le 7 janvier 1839. Lors des événements qui nous concernent, Sauvé est cultivateur dans la paroisse de Sainte-Geneviève sur l’île Bizard. Selon le recensement de 1842, il serait établit sur la côte sud de l’île.

Dans son examen volontaire réalisé devant le juge de paix Benjamin Hart le 30 janvier 1838, Sauvé affirme que le 13 décembre 1837, un nommé Guitard de Saint-Eustache, accompagné de plusieurs autres individus, vint chez son père lui commander de les suivre à Saint-Eustache. Ce qu’il fit. Le groupe arrive donc à Saint-Eustache dans la nuit du 13 au 14 décembre, mais à peine deux heures après leur arrivée, le général Amury Girod lui ordonne de retourner à l’île Bizard avec 10 hommes afin de faire une levée d’armes.

Sauvé dit Laplante serait ainsi parvenu à destination vers les 11h00 ou midi le 14 décembre. Il confirme aussi avoir entendu les coups de canons et « voyant que le feu était commencé » à Saint-Eustache, il traversa avec ses acolytes à Sainte-Geneviève pour se sauver et ainsi éviter d’« aller au feu ». C’est à cet endroit qu’il est arrêté par le Dr Henry Mount, juge de paix de la région. Il est ensuite conduit à la prison au Pied-du-Courant où il considère d’ailleurs avoir « été bien traité ». Inculpé de haute trahison comme tous les autres patriotes, il est incarcéré du 16 décembre 1837 au 30 janvier 1838.

Nos recherches ne nous ont malheureusement pas permis de trouver de plus amples détails sur sa participation aux troubles de 1837-1838.

Références :

BAC, recensement de 1842, Comté du Lac des Deux-Montagnes, paroisse Saint-Eustache, bobine C-728.

BAnQ, « Documents relatifs aux événements de 1837-1838 », Fonds Ministère de la justice, M-165-2, no 828, examen volontaire de Benjamin Sauvé dit Laplante, 30 janvier 1838.

BAnQ, « Documents relatifs aux événements de 1837-1838 », Fonds Ministère de la justice, M-165-5, no 3091, Registre de la prison de Montréal en 1837-1838.

AUBIN, Georges et Nicole Martin-Verenka, Insurrection. Examens volontaires, Tome 1, 1837-1838, Montréal, Lux Éditeur, 2004, p. 72.

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