Sydney Bellingham

Sydney Robert Bellingham est sans nul doute l’un des plus importants volontaires loyalistes à avoir participé aux rébellions de 1837-1838. Au cours de sa longue existence, il fut fermier, juge de paix, officier de milice, marchand, rédacteur en chef, homme politique et même auteur.

Bellingham naît à Castlebellingham (comté de Louth) en République d’Irlande, le 2 août 1808. Il est le fils d’Allan Bellingham et d’Elizabeth Walls. C’est en 1824, à l’âge de 15 ans, qu’il émigre seul au Canada. Il travaille d’abord dans le Haut-Canada, puis enfin à Montréal, en 1827, alors qu’il tient un commerce de bois. Le 28 octobre 1831, il épouse à Québec Arabella Holmes. À partir de 1838, il étudie le droit à Montréal et est admis au barreau deux ans plus tard. Bellingham touche aussi au journalisme ; il est le rédacteur en chef du Canada Times, puis en 1843-1844, du Times and Daily Commercial Advertiser, deux journaux montréalais de tendance réformiste.

Sydney Bellingham connaît aussi une longue carrière politique. Sa première tentative d’élection à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada remonte en 1834, alors qu’il se présente dans la circonscription de Montréal-Est pour le camp bureaucrate. Il est alors défait par le candidat patriote Joseph Roy, marchand à Montréal. Durant la période insurrectionnelle, il s’occupe d’administration municipale à Montréal (1836-1840). En 1854, il est élu en tant que député du comté d’Argenteuil et se range du côté des réformistes. Toutefois, son élection est presque immédiatement annulée. Aussitôt réélu en 1855, son élection est une seconde fois annulée l’année suivante. Cette même année, il est réélu officiellement lors d’une élection partielle dans le même comté en tant que conservateur. Il y sera réélu en 1858, élection qui sera annulée encore une fois en 1860. Puis, en 1867, lors de la Confédération, il est élu sans opposition en tant que représentant conservateur d’Argenteuil à l’Assemblée législative. Il est réélu à ce poste en 1871, puis en 1875 en tant que candidat libéral. Il ne se représente pas en 1878, et retourne enfin en Irlande où il réside au château Bellingham, dont il avait hérité quelques années plus tôt.

Bellingham est surtout reconnu au Québec pour son implication déterminante au sein de la mobilisation volontaire loyaliste lors des troubles de 1837-1838. Il est notamment membre de la Montreal Constitutional Association, une organisation vouée aux intérêts bureaucrates, aux côtés notamment de John Molson. Le 13 avril 1837, le gouverneur Gosford le mandate comme juge de paix.

À la mi-novembre 1837, Bellingham, à la tête d’un détachement de réguliers, est chargé d’appréhender les patriotes Pierre-Paul Démaray et Bonaventure Viger. Quelques jours plus tard, le procureur général Charles Richard Ogden l’envoie à Chambly afin de remettre des dépêches du général John Colborne au lieutenant-colonel George Augustus Wetherall, le chargeant de marcher sur le bastion patriote de Saint-Charles. Bellingham sera alors son aide de camp et participera ainsi à l’affrontement du 25 novembre 1837.

En décembre 1837, Bellingham est capitaine de la Royal Montreal Cavalry, notamment aux côtés de Charles Oakes Ermatinger et Eleazar David. Ce détachement de volontaires jouera un rôle très important dans le reste des événements. Le 8 décembre, il est envoyé avec ses hommes en éclaireur afin d’étudier les insurgés de la Rivière du Chêne. Puis, lors de l’historique bataille de Saint-Eustache qui survient le 14 décembre 1837, Bellingham et ses acolytes dirigent la Royal Montreal Cavalry, au nombre de 62 volontaires (sur les 1 500 hommes), sous les ordres du général John Colborne. Durant cette journée, Bellingham et sa troupe se voient confier la surveillance des routes aux alentours de la paroisse de Saint-Eustache. À la suite de leur victoire en ce lieu, les troupes régulières et volontaires de Colborne se rendent au Grand-Brûlé (Saint-Benoît) le 15 décembre suivant. Le lendemain, Bellingham et ses hommes escortent le général britannique, vétéran de Waterloo, à son retour triomphal à Montréal.

Ayant vécu plusieurs événements militaires de 1837, Sydney Bellingham se met à l’écriture et rédige ses mémoires sous le titre Some personnal recollections of the rebellion of 1837 in Canada (Dublin, 1902). Il meurt en sa résidence de South Gate House à Castlebellingham le 9 mars 1900, à l’âge de 91 ans.

Références :

DALEY, Robert C., « Bellingham, Sydney Robert », Dictionnaire biographique du Canada (DBC), Les Presses de l’Université Laval, volume XII.

FILTEAU, Gérard, Histoire des Patriotes, Sillery, Septentrion, 2003, 630 p.

LAPORTE, Gilles, Patriotes et Loyaux. Leadership régional et mobilisation politique en 1837-1838, Sillery, Septentrion, 2004, 415 p.

SENIOR, Elinor Kyte, Les habits rouges et les patriotes, Montréal, vlb éditeur, 1997, traduction de Redcoats and Patriots paru en 1985, 310 p.

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