Michel Daoust

Michel Daoust est un autre de ces personnages sur lequel nous ne possédons que très peu d’informations concernant son implication politique en 1837. Né et baptisé à Sainte-Geneviève (Pointe-Claire) le 8 mai 1798, Michel Daoust est le fils de Louis Daoust et de Théotiste Bouchard. En premières noces, il épouse Thérèse Labrosse, à Saint-Eustache, le 18 juillet 1826. Celle-ci est la fille de Joachim Labrosse, aussi impliqué en 1837, et de Thérèse Turpin. Il se marie ensuite à Angèle (Angelle) Gauthier (veuve d’André Théoret) le 23 janvier 1858, à Notre-Dame-de-Montréal.

Selon le recensement de 1831, Daoust est cultivateur sur la Rivière-Nord à Saint-Eustache et possède une terre de 60 arpents totalement cultivée. Il serait alors propriétaire de 13 bovins, 4 chevaux, 24 moutons et 8 porcs. Toujours au niveau matériel, il posséderait 200 minots de blé, 40 minots de pois, 250 minots d’avoine, 20 minots d’orge et 60 minots de pommes de terre. Le recensement de 1842 confirme la présence de Daoust à Saint-Eustache. Son foyer compte alors 9 personnes.

Michel Daoust ne semble pas participer à la mobilisation politique qui s’effectue dans le comté des Deux-Montagnes entre 1834 et 1837. En ce sens, on ne retrouve pas son nom dans les comptes rendus d’assemblées publiques de l’époque. Toutefois, il est jugé comme étant compromis dans la rébellion de 1837 par le curé Jacques Paquin, dans un recensement de l’allégeance politique de ses paroissiens en 1839. Il est aussi considéré comme un rebelle par le docteur Charles Gordon O’Doherty, qui réalise aussi un recensement politique des habitants de Saint-Eustache en 1839. Enfin, Michel Daoust est qualifié de patriote par Basile Choquet, son capitaine de milice à Saint-Eustache, dans une liste datée du 10 septembre 1839.

Selon une déposition réalisée à Saint-Eustache le 30 décembre 1838, Étienne Bastaut (Rastoule ?), lieutenant de milice en ce lieu, affirme qu’environ un mois avant la bataille du 14 décembre 1837, il aurait été entre autre commandé par Michel Daoust de se réunir au village afin d’y tenir une assemblée dans le but de nommer de nouveaux magistrats et officiers de milice « pour se défendre ».

On retrouve ensuite le nom de Michel Daoust dans une « pétition des habitants de Saint-Eustache afin d’avoir l’argent nécessaire pour reconstruire l’église paroissiale » adressée au gouverneur Charles Theophilus Metcalfe et datée du 27 novembre 1844. Daoust appose finalement son nom sur une autre pétition, celle-là des paroissiens de Saint-Eustache afin d’empêcher le départ du curé Hyppolite Moreau de Saint-Eustache, en date du 23 novembre 1852.

Michel Daoust meurt à Saint-Eustache, le 15 décembre 1873, à l’âge de 75 ans. Il est inhumé en ce lieu deux jours plus tard.

Références :

Archives de l’évêché de Saint-Jérôme, Pétition des paroissiens de Saint-Eustache pour empêcher le départ du curé Hyppolite Moreau, 23 novembre 1852.

BAC, recensement de 1831, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-723.

BAC, recensement de 1842, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-728.

BAC, Feddocs, Lower Canada Rebellion looses claims 1837-1855, Project no 19-2, RG 19, series E-5-B (R200-113-0-F), volume 5482, no 190.

BAnQ, « Documents relatifs aux événements de 1837-1838 », Fonds Ministère de la justice, M-165-2,  no 745, déposition d’Étienne Bastaut (Rastoule), 30 décembre 1838.

PAQUIN, Jacques, « Tableau politique », La Revue des Deux-Montagnes, annoté par Claude-Henri Grignon, no 5, octobre 1996, p. 43-65.

Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Saint-Eustache.

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