Le dernier des Capots-Gris

Cette semaine, notre chronique se veut un compte-rendu d’un roman dont la trame se déroule sur fond de résistance en 1837.

Le dernier des Capots-Gris est de la plume du célèbre ethnologue québécois Robert-Lionel Séguin, auteur de plusieurs essais historiques dont Le mouvement insurrectionnel dans la Presqu’île de Vaudreuil 1837-1838 (1955), La victoire de Saint-Denis (1964) et L’esprit révolutionnaire dans l’art québécois (1972). Le roman est rédigé vers la fin des années 1930, alors que le jeune auteur n’a que 19 ans. Le dernier des Capots-Gris connaît sa première publication en 2006 par l’initiative de Georges Aubin, chercheur émérite sur les patriotes, qui y ajoute une introduction et quelques notes. Plusieurs versions de ce récit sont contenues dans le fonds Robert-Lionel Séguin à l’Université du Québec à Trois-Rivières. La plus achevée est toutefois celle d’une certaine Mme Huguette Servant-Séguin qui en permit la publication.

En soit, le roman est, aux dires d’Aubin, « simple, voire naïf, mais bien de son temps ». Il s’adresse à la jeunesse québécoise en quête d’identité politique. C’est une histoire typique,  à peu de choses près et dans un contexte aussi typique, rédigée dans un vocabulaire accessible mais raffiné. Le dernier des Capots-Gris est suivi de Souviens-toi – Méditations sur 1837, un essai percutant sur l’identité canadienne-française.

L’histoire débute en 1836 à Saint-Eustache alors que Robert Dechênebrun, un jeune orphelin de 22 ans, est élevé par son oncle, le maître de Blainville, notaire à Saint-Eustache. Le jeune homme est tout juste sorti du Séminaire de Montréal et se cherche quelque peu. Contre toute attente, il décide de revêtir l’habit rouge et de s’enrôler dans les troupes régulières où il est promu lieutenant. Un jour, il prend conscience de l’importance de son éventuelle implication alors qu’au début de novembre 1837, les premières escarmouches éclatent à Montréal. « Lui, Canadien, il devrait combattre des hommes comme lui, de sa race, parlant sa langue, et tout ça, pour le compte d’un envahisseur ? Il se vit traître à son pays et à ses traditions. Il rougit de sa situation. » Il décide aussitôt de se joindre aux insurgés dont son oncle est un lointain partisan. Il se rend d’abord à Saint-Denis, où il combat sous les ordres du docteur Wolfred Nelson. Barricadé dans la maison Saint-Germain, il tiraille sur les soldats britanniques du colonel Gore. Deux jours plus tard, il est retranché dans le manoir du seigneur Debartzch à Saint-Charles, lors de l’affrontement qui se solde par une cuisante défaite. Dechênebrun est alors forcé de fuir les lieux. Il retourne enfin à Saint-Eustache où il participe à la bataille du 14 décembre 1837. Aux côtés du docteur Chénier, le jeune Dechênebrun se réfugie dans l’église afin de combattre les troupes du général Colborne. Le récit de Robert-Lionel Séguin prend fin avec la résistance de 1837. Mais Dechênebrun est-il bel et bien le dernier des Capots-Gris ? Pour le savoir, il vous faudra lire le livre !

Référence :

SÉGUIN, Robert-Lionel, Le dernier des Capots-Gris, suivi de Souviens-toi – Méditation sur 1837, avec introduction et notes par Georges Aubin, Éditions Trois-Pistoles, 2006.

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