Le Comité de la pipe

Le sujet que nous abordons aujourd’hui est inédit. Inédit en ce sens qu’il n’a jamais été exploité par les historiens jusqu’à nos jours. C’est en effectuant quelques recherches dans les fonds d’archives du vieux Séminaire de Québec que nous avons mis la main sur cette petite histoire à faire sourire.

C’est nul autre que Jacques Viger, premier maire de Montréal (1833-1836) et célèbre collectionneur et mémorialiste, qui nous relate le curieux récit. Voici donc en intégralité de quoi il s’agit :

Le Comité de la pipe

Il y avait parmi les membres de la Chambre d’assemblée un certain nombre de fumeurs ; on les appelait collectivement le Comité de la pipe. Ces messieurs s’étaient appropriés un appartement particulier de la maison du parlement pour y brûler leur tabac, quand le désir leur en venait, et c’était « la chambre du Comité de la pipe ». Voici des vers faits sur ce local, par M. [Frédéric-Auguste] Quesnel, un des membres de la Chambre et du comité en question, que M. [Hughes] Heney m’envoyait avec sa lettre d’autre part.

Les avantages du Comité de la pipe

Dans la grande Chambre d’assemblée

L’ordre du jour est de parler,

Mais ici, grâce à la fumée,

Mieux vaut penser que pérorer.

Dans l’Assemblée, un pauvre diable

Est chassé pour l’éternité ;

Ici, l’on est plus équitable,

On sort et rentre à volonté.

Dans la Chambre, c’est un principe :

Qu’honneur perdu, c’est pour toujours,

Ici, l’on peut casser sa pipe

Et la remplacer tous les jours.

Référence :

Musée de la Civilisation du Québec, Collection du Séminaire de Québec, Fonds Viger-Verreau, P32, Saberdache bleue, no 9, p. 15-16.

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