Jean-Baptiste Touchette

Jean-Baptiste Touchette naît vers 1784, mais le lieu exact de sa naissance nous est inconnu. Il est le fils de Pierre Touchette et de Marie-Félicité Quenneville. Le 14 octobre 1805, alors âgé de 20 ans, il épouse à Saint-Eustache Marie-Madeleine Bernard (âgée de 18 ans), fille d’André Bernard et de Marie-Geneviève Lanielle-Desrosiers. Le couple a au moins 15 enfants, tous nés entre 1806 et 1828 : à savoir Marie-Marguerite, Marie-Félicité, Jean-Baptiste, Joseph, Marie-Louise, Lucille, Olivier, Léon, Marie-Ursule, Gilbert-Philibert, Marie-Angélique, Magloire, Pierre, Apolline et Marie-Orélie. Nous savons en outre que Touchette réside sur le Grand-Chicot à Saint-Eustache. Il est probablement rentier tandis que son fils homonyme est cultivateur.

Très tôt en 1834, Touchette baigne dans la mobilisation patriote qui s’effectue à la suite de l’adoption des 92 Résolutions. On le retrouve donc à l’assemblée patriote tenue à Saint-Benoît, le 20 mars 1834,  et présidée par le notaire Ignace Raizenne. On y adopte alors 13 résolutions faisant principalement la promotion des fameuses 92 Résolutions. Par ailleurs, Touchette est nommé au sein du Comité permanent du comté des Deux-Montagnes, qui comprend pas moins de 80 personnes. Coup sur coup, les loyaux de la région ripostent en organisant des rassemblements constitutionnels à Saint-André, dans la seigneurie d’Argenteuil, et à Saint-Eustache, les 12 et 14 avril suivants.

Plus directement, dans le contexte bouillant des événements de 1837 à Saint-Eustache, Jean-Baptiste Touchette semble avoir été victime de réquisitions de la part des autorités en place. Ainsi, « pour un fusil remis aux autorités », il réclame en 1846, à la Commission des Pertes, la somme de £ 1 et 5 sols. Il ne reçoit toutefois qu’une seule livre. Voici sa demande dans son intégralité, rédigée par l’entremise de William Henry Scott, marchand de Saint-Eustache :

Par devant moi William Henry Scott, Ecuier, juge de paix demeurant à Saint-Eustache, District de Montréal, a comparu Jean-Baptiste Touchette, cultivateur de la paroisse de Saint-Eustache, lequel sous serment déclare que dans l’automne 1837, il fut désarmé par les volontaires d’un fusil qu’il évalue à trente livres ancien cours.

Affirmé par devant moi ce jourd’hui le 9 mars 1846.

William Henry Scott

Jean-Baptiste Touchette est par la suite considéré comme étant compromis dans les troubles de 1837 à Saint-Eustache par le curé Jacques Paquin, un ardent bureaucrate, qui réalise un recensement « politique » de ses paroissiens en 1839. Son fils est quant à lui qualifié de rebelle par le docteur et capitaine Charles Gordon O’Doherty dans un inventaire semblable, réalisé la même année. Enfin, Touchette est jugé comme étant un patriote par James Gentle, son capitaine de milice, dans une liste de l’allégeance de ses miliciens, le 10 septembre 1839. Nous ne savons par contre s’il s’agit ici du père ou du fils.

En terminant, mentionnons que Touchette appose son nom sur au moins trois pétitions importantes au cours de sa vie. Premièrement, on le retrouve sur une pétition des habitants de Saint-Eustache pour l’érection de leur paroisse le 11 juillet 1825. Deuxièmement, son nom apparaît sur la vaste pétition des habitants de Saint-Eustache afin de favoriser l’achèvement de la reconstruction de l’église détruite en 1837. Celle-ci est d’ailleurs adressée au gouverneur Charles Theophilus Metcalfe et datée du 27 novembre 1844. Et troisièmement, il appose son nom sur une pétition ayant pour but d’empêcher le départ du curé Hippolyte Moreau, le 23 novembre 1852.

Jean-Baptiste Touchette (père) meurt finalement à Saint-Eustache, le 6 avril 1868. Il est alors âgé de 84 ans. On l’inhume en ce lieu deux jours plus tard sous l’office du curé Louis-Ignace Guyon et devant les témoins Isidore Touchette et François Handegrave.

Références :

Archives de l’évêché de Saint-Jérôme, Pétition des habitants de Saint-Eustache pour l’érection de la paroisse, 11 juillet 1825.

Archives de l’évêché de Saint-Jérôme, Pétition des paroissiens de Saint-Eustache pour empêcher le départ du curé Hyppolite Moreau, 23 novembre 1852.

BAC, Feddocs, Lower Canada Rebellion looses claims 1837-1855, Project no 19-2, RG 19, series E-5-B (R200-113-0-F), volume 5482, no 190; volume 5482, correspondance 1916, no 47, p. 24.

BAC, recensement de 1825, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-718.

BAC, recensement de 1831, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-723.

BAC, recensement de 1842, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-728.

PAQUIN, Jacques, « Tableau politique », La Revue des Deux-Montagnes, annoté par Claude-Henri Grignon, no 5, octobre 1996, p. 43-65.

The Vindicator, 14 mars 1834, 25 mars 1834, 15 avril 1834.

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