Augustin Guérin

Augustin Guérin fait partie d’une des familles eustachoises les plus impliquées dans les troubles de 1837, dans le comté des Deux-Montagnes. Il naît à Saint-Eustache le 11 juin 1794 et y est baptisé dès le lendemain. Il est le fils de Marguerite Filiatrault et de Bertrand Guérin, qui est aussi impliqué dans les événements de 1837 à Saint-Eustache. On lui connaît un frère nommé François, qui joue également un rôle dans le camp patriote. Augustin Guérin épouse Pélagie Chartrand à Saint-Eustache, le 22 octobre 1822. Celle-ci est la fille de Vincent Chartrand et de Charlotte Labelle.

Les différents recensements de l’époque nous apprennent qu’Augustin Guérin est un cultivateur de la Grande-Côte à Saint-Eustache. En 1831, il est propriétaire d’un lopin de terre de 141 arpents dont 80 sont en culture. En outre, il possède 192 minots de blé, 70 minots de pois, 30 minots d’avoine et 240 minots de pommes de terre. Sa ferme comprend aussi 24 bovins, 6 chevaux, 32 moutons ainsi que 5 cinq porcs.

Contrairement à son père, Augustin Guérin ne semble pas participer aux nombreux rassemblements politiques qui se déroulent dans le comté des Deux-Montagnes entre 1834 et 1837. Ainsi nous pouvons conclure que Guérin n’est pas directement impliqué dans les troubles de 1837. De plus, il est considéré comme étant non compromis dans ces événements par le curé Jacques Paquin qui réalise, en 1839, un recensement de l’allégeance politique de ses paroissiens. Étrangement, son propre capitaine de milice, Félix Paquin, le considère comme étant un patriote, dans une liste datée du 9 septembre 1839, et il est qualifié de « rebelle » (un terme plus radical que « patriote » à l’époque) par le docteur et capitaine Charles Gordon O’Doherty, qui réalise un inventaire semblable à celui du curé Paquin la même année.

Dans le contexte post-rébellions, on retrouve ensuite le nom d’Augustin Guérin dans une « pétition des habitants de Saint-Eustache afin d’avoir l’argent nécessaire pour reconstruire l’église paroissiale », le tout adressé au gouverneur Charles Theophilus Metcalfe le 27 novembre 1844.

Enfin, il semble bien qu’Augustin Guérin ai été désarmé par les hommes de John Colborne et Maximilien Globensky, à la suite de leur passage à Saint-Eustache les 14 et 15 décembre 1837. Le 26 février 1846, il expose sa réclamation à la Commission des Pertes de 1837-1838 dans laquelle il demande une compensation pour la perte d’un fusil et d’un sac à poudre estimés à £1, 5 sols, et 18 livres de plomb estimés à 7 sols et 6 deniers, pour un total de £1, 12 sols et 6 deniers. Nous ne savons si le gouvernement lui accorde la dite somme. Voici l’intégrale de la réclamation d’Augustin Guérin :

À messieurs les Commissaires nommés pour s’enquérir des pertes souffertes par les loyaux sujets de Sa Majesté britannique par suite des rébellions de mille huit cent trente sept et mille huit cent trente huit.

La requête d’Augustin Guérin, cultivateur, de la paroisse de Saint-Eustache, dans le dit District de Montréal, et loyal sujet de Sa Majesté, expose humblement :

Que par suite des rébellions qui ont éclaté en l’année mille huit cent trente sept, votre requérant aurait souffert des pertes et dommages par la destruction de ses biens meubles qui auraient été saccagés et anéantis par les troupes de Sa Majesté ; lesquelles pertes ne peuvent être estimées à une somme moindre que celle de une livre, douze chelins et demi courant portée au compte ci-annexé et auquel il réfère comme faisant partie de la présente requête.

Pourquoi votre requérant conclut à ce que pour les causes et raisons sus relatées, il soit payé et remboursé de la dite somme de une livre douze chelins et demi courant, et vous ferez justice.

État des pertes souffertes par Augustin Guérin, cultivateur de la paroisse de Saint-Eustache, durant la rébellion de 1837 : 1 fusil, 1 sac à poudre estimés à £1, 5 sols, et 18 lbs de plomb estimés à 7 sols et 6 deniers ; total de £1, 12 sols et 6 deniers.

Montréal, 26 février 1846.

Je soussigné Augustin Guérin certifie que l’état ci-dessus est correct.

Le 23 novembre 1852, Augustin Guérin appose finalement son nom sur une pétition des paroissiens de Saint-Eustache afin d’empêcher le départ du curé Hyppolite Moreau de sa paroisse de Saint-Eustache. Il meurt à Saint-Eustache le 5 décembre 1862 à l’âge de 65 ans. Il est inhumé en ce lieu le 9 décembre suivant.

Références :

Archives de l’évêché de Saint-Jérôme, Pétition des paroissiens de Saint-Eustache pour empêcher le départ du curé Hyppolite Moreau, 23 novembre 1852.

BAC, Feddocs, Lower Canada Rebellion looses claims 1837-1855, Project no 19-2, RG 19, series E-5-B (R200-113-0-F), volume 5482, no 190 ; volume 5467, no 1325.

BAC, recensement de 1825, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-718.

BAC, recensement de 1831, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-723.

BAC, recensement de 1842, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-728.

PAQUIN, Jacques, « Tableau politique », La Revue des Deux-Montagnes, annoté par Claude-Henri Grignon, no 5, octobre 1996, p. 43-65.

Répertoire des Actes de baptêmes, mariages et sépultures (R.A.B.), P.R.D.H.

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