Thomas Storrow Brown inaugure le duel par correspondance

Le récit qui suit est tiré de l’ouvrage d’Aegidius Fauteux intitulé Le duel au Canada. Beaucoup de ces nouveaux affrontements se déroulent dans les journaux de l’époque, via la plume des belligérants.

 

L’une de ces histoires est celle de Thomas Storrow Brown, éventuel leader des insurgés de Saint-Charles le 25 novembre 1837, qui l’oppose à un marchand anglais du nom de George Auldjo.

En 1834, Brown prétendait avoir été grossièrement insulté par Auldjo qui était un bureaucrate reconnu. Il chargea un ami, Alcide Derivas, d’aller porter au constitutionnel un cartel. « Non seulement M. Auldjo refusa de recevoir le cartel dont il était le porteur, mais il jugea à propos d’en aviser le public par une lettre que publia le lendemain le Herald. » Brown tenait aussi à affronter son opposant par le biais de la plume. En date du 29 décembre 1834, Brown écrit à La Minerve et inaugure une nouvelle façon de faire un cartel : le duel sur papier.

 

La même date, il écrit aussi d’autres papiers à l’égard de son adversaire dans lesquels il décrit sommairement les événements qui se sont déroulés. Brown affirme que dans les derniers jours de l’élection du Quartier-Ouest à Montréal, il aurait été insulté par « des expressions les plus grossières »  sur la rue Notre-Dame par ledit Auldjo. Le considérant ivre, et ne voulant point alimenter les querelles publiques par ses propres conflits personnels, Brown décide de passer sous silence les paroles proférées par le marchand.

 

Le 29 décembre 1834, Brown rencontra Auldjo qui accepta, mais non sans réserve, le cartel projeté. Le quincaillier de Montréal mandate ainsi Alcide Derivas de se rendre chez le marchand George Auldjo afin de lui remettre ledit cartel. Auldjo répliqua au porteur du message qu’il n’avait agit de la sorte que dans le but d’éviter un rixe. Ses explications n’ont point satisfait Derivas qui demanda aussitôt à son interlocuteur s’il devait considérer ses propos comme un refus formel. Auldjo lui répondit que oui.

 

George Auldjo meurt finalement à Montréal en 1846. Tout porte à croire que ce dernier refusa jusqu’à sa mort d’affronter Brown en duel. En réalité, Auldjo avait agit en conformité avec le code du duel puisque celui-ci exigeait normalement que tout défi devait être fait dans les 24 heures suivants l’événement. Brown avait donc « eu le tort de réfléchir trop longtemps ».

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