Situation économique en 1837-1838

Les années 1836-1837 sont marquées par une crise agricole au Bas-Canada. En effet, « l’année 1836 est marquée par une accumulation de mauvaises récoltes non seulement dans le Bas-Canada et en Angleterre; mais, chose plus grave, dans le Haut-Canada et le nord des États-Unis » d’après l’historien Fernand Ouellet.

La mauvaise récolte de 1836 n’est qu’un autre épisode dans le processus du déclin de la production du blé sur le terroir québécois. Celle-ci est notamment attribuée aux conditions atmosphériques défavorables, à l’épidémie de la mouche à blé et à la faillite de la moisson qui étaient les conséquences des facteurs structuraux telles la déficience des techniques agricoles et la subdivision des fermes. Cette série de mauvaises récoltes plonge une bonne partie de la population dans une détresse économique. Soulignons aussi la rareté des produits, la hausse excessive des prix et le manque d’argent généralisé.

La crise économique de 1837 n’a pas seulement sa source dans la dépression du secteur agricole, elle trouve aussi son expression dans une crise financière et commerciale. La crise financière naît en Angleterre et progresse rapidement en 1836-1837, favorisant par surcroît la faillite bancaire et l’affaiblissement du secteur commercial et industriel. D’ailleurs, au printemps 1837, la crise économique britannique touche l’économie nord-américaine et en mai de la même année, les banques américaines arrêtent leurs paiements en espèce. Peu de temps après, la Chambre de commerce de Québec suivit le pas ce qui aura pour conséquence une certaine contraction du crédit et une rareté du numéraire.

La crise économique de 1837-1839 est sans aucun doute une crise financière, mais est avant tout une crise de la production agricole. Cette dernière touche principalement les producteurs, les consommateurs et les marchands de blé. Dans les faits, la situation économique et agricole est pire à Québec qu’à Montréal. Toutefois, elle semble plus dramatique à Montréal parce qu’il est un centre financier. Non seulement le blé bas-canadien perd son caractère compétitif sur les marchés impériaux, mais il n’est plus récolté en quantités suffisantes pour nourrir la population locale selon les normes d’autrefois. Avec la chute du blé, le paysan est obligé de diversifier sa production dans l’élevage et surtout la pomme de terre et l’avoine. Cette donc cette aggravation de la situation économique (surtout l’agriculture) de la colonie qui favorisa le mécontentement social et la participation massive de la population à l’agitation politique.

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