Ludger Duvernay : prochain bouquin sur les tablettes

Le XIXe siècle québécois a produit un certain nombre de grands hommes. On pense par exemple à Louis-Joseph Papineau, Louis-Hippolyte La Fontaine, Pierre-Stanislas Bédard, Honoré Mercier. Et Ludger Duvernay ? Certains connaissent un quartier de Laval appelé Duvernay, une rue peut-être. Il faudra bien un jour s’y mettre et ajouter le nom de Ludger Duvernay (1799-1852) à la liste des grands journalistes, des patriotes de 1837, des écrivains, sans oublier qu’il fut aussi le fondateur de la Société Saint-Jean-Baptiste.

L’imprimeur, éditeur, journaliste, fonctionnaire, homme politique et patriote qu’est Ludger Duvernay naît à Verchères le 22 janvier 1799. Il est le fils de Joseph-Marie Crevier Duvernay et de Marie-Anne-Julie Rocbert de La Morandière.

La correspondance est un moyen privilégié d’entrer en contact avec la vie intime des gens. Mon prochain volume, peaufiné en collaboration avec l’historien Georges Aubin (aussi spécialiste de la question patriote, notamment sur la famille Papineau) vise a faire connaître davantage Ludger Duvernay par le truchement d’une partie de sa correspondance personnelle et de ses lettres reçues en exil. Cet homme a connu quatre fois la prison, s’est battu en duel au moins deux fois, sans compter bon nombre d’autres cartels sans suite. Il a connu aussi l’exil en sol américain, de décembre 1837 à février 1842. Nous avons choisi de publier la correspondance d’exil de Duvernay au cours de ces années 1837-1842.

Souvent consultée par une élite d’historiens, la correspondance de Duvernay était encore inédite. Les lettres publiées ici lèveront le voile sur un homme courageux, intelligent et visionnaire, bon vivant, imbu d’un grand idéal et qui met la patrie avant toutes choses.

Le travail a été colossal, soit de réunir une masse de 680 lettres adressées à Duvernay en exil, et le tout, rédigé par 230 correspondants. Cette mine d’informations demeurent importante à bien des niveaux et sur bien des aspects. Cette correspondance inédite, que nous avons transcrite adroitement, étale pour la première fois au grand jour le rôle joué par Duvernay dans l’organisation des Frères chasseurs, l’implication des principaux chefs patriotes dans de la seconde insurrection et les tiraillements internes engendrés par l’échec cuisant qui s’ensuivit. C’est probablement ici le sujet le plus intéressant à décortiquer au fil de cette impressionnante lecture. On peut lire plusieurs confidences, des secrets sont dévoilés et de nouvelles informations voient enfin le jour. Inversement, on perçoit aussi la division au sein même des réfugiés canadiens aux États-Unis. Cette situation fait notamment ressortir le leadership politique de Ludger Duvernay.

Ludger Duvernay : Correspondance d’exil, 1837-1842, sera publié chez VLB éditeur en novembre prochain. Ma chronique fait relâche pour la saison estivale. Bon été aux lecteurs !

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