L’almanach de 1837

Depuis déjà quelques mois, Bibliothèque et Archives nationales du Québec ont mis en ligne l’« Almanach de Québec » (1780-1841). Dans sa présentation, on dit de celui-ci qu’il « constitue en quelque sorte l’ancêtre des annuaires de villes au Québec. Ces petits livres regorgent de renseignements utiles aux historiens, aux archivistes, aux généalogistes et à tous ceux qui veulent se plonger dans la vie quotidienne des citoyens de la ville de Québec de cette époque ».

Originalement, les almanachs étaient des calendriers et contenaient divers éléments d’astronomie tels les phases de la lune, des astres, des marées, des éclipses, du soleil, etc. Ce devint par la suite une publication annuelle contenant des renseignements de toutes sortes sur la société : des tableaux des administrateurs et fonctionnaires en place et des personnes s’y rattachant, des documents statistiques, divers sujets d’économie, de la poste, des arts, des listes d’ecclésiastiques, d’officiers de milice, de médecins, avocats, notaires, etc. Au fil des années, les éditeurs ont rendu l’ouvrage bilingue tout en y ajoutant beaucoup d’iconographies afin d’intéresser les analphabètes. L’almanach était et est toujours très populaire ; du XVe au XXe siècle, il était l’un des ouvrages les plus lus après la Bible.

Nous croyons intéressant de ressortir les principaux éléments de cet ouvrage pour l’année 1837. Certaines informations pourront paraître anodines, mais elles dressent tout de même un portrait complet de l’année qui nous intéresse. L’édition de 1837 fut imprimée Samuel Neilson au 14, Mountain Street, à Québec, sous le titre : The Quebec Almanack, and British American Royal Kalendar, for the year 1837, being first after leap year. Voici donc résumé le contenu de l’almanach de Québec de 1837.

Comme dans toutes les éditions, on y retrouve notamment le début des saisons. En 1837, le printemps est arrivé le 20 mars à 14h31, l’été le 21 juin à 11h51, l’automne le 23 septembre à 1h55 et l’hiver le 21 décembre à 19h07. Nous savons qu’une éclipse lunaire s’est déroulée le 13 octobre sur une période de 3h32, de 17h04 à 20h36. Une éclipse solaire s’est aussi produite le 4 mai, celle-ci « visible dans les parties du continent situées au nord et à l’ouest de Québec ». On y mentionne les sept planètes connues alors du système solaire, à savoir Mercure, Vénus, la Terre, Mars, Jupiter, Saturne et Georgium (alias Uranus), nommée ainsi en l’honneur de George III. Cette dernière fut la dernière à être découverte en 1781 par William Herschel.

On présente dans le premier chapitre les « fonctionnaires » de l’État. À la tête de la province, on y retrouve lord Gosford, gouverneur du Bas-Canada, la nomenclature de tous les membres des conseils exécutif et législatif, ainsi que tous les députés à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada. On y nomme tous les autres fonctionnaires de la province tels les juges de paix, les gens des cour de justice, les agents des terres de la Couronne, les membres des professions libérales (avocats, notaires, médecins) et les bureaux de poste et leurs agents.

Le chapitre suivant porte sur tout ce qui touche le clergé. On y mentionne l’ensemble des hauts dignitaires de l’Église anglicane pour tous les districts de la province. Évidemment, on fait de même pour l’Église catholique. On y dresse aussi la liste de tous les évêques de la province depuis l’établissement du pays. L’almanach mentionne aussi tous les supérieurs du Séminaire de Québec et de tout autres grandes institutions d’enseignements religieux.

Le troisième chapitre porte quant à lui sur les institutions publiques et charitables. On y dresse un large portrait des compagnie d’assurance contre le feu, celui aussi des différentes banques de la province (dont celle de Montréal est présidée par Peter McGill), divers comités, associations de bienfaisance (Hibernian Benevolent Society par exemple) et associations nationales (telles la St. George Society, St. Patrick Society, St. Andrews Society, German Society et Société Saint-Jean-Baptiste). On souligne les organismes d’éducation, la Société littéraire et historique de Québec, les hôpitaux, les sociétés de bénévoles, la Montreal Gas Light Company, ainsi que la Montreal Constitutional Association et la Quebec Constitutional Association, deux organisations vouées à la défense des intérêts constitutionnels de la province.

Le quatrième chapitre est celui des registres militaires de l’Amérique du Nord britannique. Comme nous le savons tous, le général en chef de l’armée britannique au Canada en 1837 est John Colborne, vétéran de Waterloo. Sont aussi recensés tous les hauts gradés de l’état-major de l’armée, sans compter les dirigeants des différents forts, les individus en charge des affaires indiennes, la Royal Artillery et la Royal Engeneer, ainsi que les régiments cantonnés au pays.

Enfin, en appendice, on retrouve une lignée généalogique des familles royales d’Angleterre, une liste des ministres anglais, les membres de la Chambre des Lords et de la Chambre des Communes. Voilà donc un cours résumé de ce document fort intéressant. Une mine d’informations à découvrir.

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