Charles John Forbes : leader loyal de Carillon

 

Cet exceptionnel fonctionnaire militaire et homme politique du comté de Deux-Montagnes naît à Gosport (Hampshire) en Angleterre en 1786.

Après avoir agit à titre de soldat dans quelques conflits, puis comme commerçant, Charles John Forbes arrive à Montréal en 1825 où il est responsable de l’achat et du transport de l’approvisionnement nécessaire à l’armée dans son district. C’est en 1827 que Charles John Forbes s’établit dans la seigneurie d’Argenteuil, dans le petit village de Carillon, où il achète une terre. Surnommé le « général » Forbes, l’infatigable globe-trotter s’établit définitivement à Carillon avec sa famille.

            En 1837, dans le bouillonnement politique qui anime le district de Montréal, le général John Colborne compte sur un réseau de renseignements fort développé basé sur des officiers d’état-major situés dans tous les recoins de la province. À l’extrême ouest du comté de Deux-Montagnes, se trouve ainsi le « général » Forbes à Carillon, alors commissaire militaire à la retraite. Dès le début d’octobre 1837, Colborne compte sur Forbes afin d’obtenir des renseignements confidentiels sur les activités des patriotes de Saint-Benoît.

            Dans ce contexte, le vétéran militaire de Carillon loue à l’armée un grand bâtiment de pierre qui devait servir de caserne aux troupes régulières provenant de Bytown (Ottawa). Cette bâtisse existe toujours; elle est l’actuel Musée régional d’Argenteuil. Entre-temps, le 11 novembre 1837, il est nommé magistrat (ou officier de justice) dans la presqu’île de Vaudreuil. De plus, dans son édition du 15 novembre 1837, Le Populaire confirme la nomination de Forbes en tant que nouveau juge de paix pour la paroisse de Carillon.

            Le 28 novembre 1837, Colborne demande à Forbes de rassembler un millier d’hommes en vue de neutraliser les forces rebelles du comté de Deux-Montagnes. C’est ainsi qu’en moins de deux semaines, ce dernier recrute plus de 800 volontaires qui sont placés sous les ordres du major Henry D. Townshend, du 24e Régiment.

            Les 15 et 16 décembre 1837, lui et ses hommes sont présents à Saint-Benoît. D’après le témoignage d’Alfred W. Stikeman, un des volontaires, « Forbes se trouve avec Colborne et son état-major quand le village fut incendié. Ensemble, ils regardèrent toutes les troupes galoper au milieu des flammes […] ». Les volontaires de Forbes sont d’ailleurs accusés de s’être livrés à un pillage extraordinaire à leur retour dans Argenteuil. Stikeman ne nie rien, « déclarant toutefois qu’ils avaient suivi l’exemple des troupes régulières ». Selon l’historien Gérard Filteau, « Forbes ployait sous le poids de son butin ».

            Personnalité reconnue et respecté dans la seigneurie d’Argenteuil, il reçoit chez lui les gouverneurs, évêques et notables de la région. Le vétéran militaire qu’est Charles John Forbes meurt à Carillon en 1862.

 

 

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