Origine de la crise agricole : l’influence de la mère-patrie

 

L’une des principales causes des rébellions de 1837-1838 est sans contredit la crise agricole qui sévit sévèrement à cette époque.

Depuis l’époque de la Nouvelle-France, puis sous le régime britannique jusqu’au milieu des années 1840, la colonie française d’Amérique du Nord vit par l’exploitation respective de diverses ressources (morue, fourrures, bois, blé, etc.). Cette politique mercantiliste amène donc le Bas-Canada à fournir ses richesses naturelles pour la grandeur économique de la mère-patrie.

            Au début du XIXe siècle, le Bas-Canada pouvait compter sur les marchés britanniques, celui des Maritimes et des Indes occidentales pour écouler son blé et sa farine. Évidemment, le commerce avec Londres y est beaucoup plus important puisque la compétition étrangère y est réduite par les tarifs différentiels. Dans la première moitié de la décennie 1820, le marché britannique a une capacité d’absorption capable d’acquérir suffisamment de blé et de farine de sa colonie. Toutefois, vers 1824-1825, la situation change. D’après l’historien Fernand Ouellet, la demande est cinq fois plus élevée en 1824-1826 qu’en 1821-1823.

Toujours selon Ouellet, entre 1828 et 1832, les importations de blé et de farine en Angleterre s’accroissent de 395 % par rapport aux cinq années précédentes. Les prix agricoles en Angleterre déclinèrent de 1823 à 1836. C’est donc dire que « le total des ventes canadiennes dépendait avant tout de l’état de la demande et du niveau des prix en Angleterre ». Donc, au moment où le marché britannique acquiert une nouvelle importance, la production de blé du Bas-Canada ne peut fournir les surplus nécessaires à la satisfaction de la demande. D’autant plus, à ce moment, le Bas-Canada est aux prises avec une sécheresse qui nuit aux récoltes. On assiste donc à un déficit important au niveau de la production qui oblige la colonie à importer du blé du Haut-Canada. En ce sens, d’après l’historien Allan Greer, après avoir été à la fin du XVIIIe siècle l’un des « greniers » de l’Empire britannique, le Canada français se révéla de plus en plus incapable de concurrencer les jeunes établissements du Haut-Canada sur les marchés internationaux.

            En résumé, les exportations de blé vers l’Angleterre se font en fonction de la situation agricole de la métropole. Malheureusement, les Corn Laws (qui réglaient les importations de blé en Angleterre) n’établissaient pas de distinction entre les denrées coloniales et celles de l’étranger. Ainsi, le Bas-Canada était désavantagé, surtout en raison des coûts de transport.

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