Séraphin Doré : Plus qu’un nom de rue…

Séraphin Doré, comme plusieurs autres combattants en 1837, est connu par le seul fait de son décès le 14 décembre 1837 lors de la bataille des patriotes. Voyons donc le court parcours de ce patriote.

Fils d’Étienne Doré, un important cultivateur de Saint-Eustache, et de Marie-Josephte (Josèphe) Poirier, Séraphin Doré naît en ce lieu le 6 janvier 1808. Il est le frère de Joseph et Sévère Doré, aussi impliqués dans la mobilisation « de dernière minute » en 1837.

En 1825, Séraphin Doré demeure chez ses parents sur le Grand-Chicot à Saint-Eustache. En 1831, nous savons qu’il est cultivateur et qu’il possède au même endroit son propre lopin de terre. Le 14 février de la même année, Doré épouse à Saint-Eustache Henriette Bélanger qui est la fille du patriote Jean-Baptiste Bélanger. Il est donc le gendre de l’important capitaine de milice et membre du Comité permanent du comté des Deux-Montagnes, et par le fait même le beau-frère de Grégoire Bélanger, aussi impliqué en 1837 à Saint-Eustache.

Son implication politique aux côtés des radicaux de Chénier et Girod débute au moment de la prise des armes au mois de novembre 1837.

Malgré son implication tardive, Doré est reconnu pour être compromis dans la rébellion de 1837 à Saint-Eustache selon le curé Jacques Paquin qui réalise un inventaire complet de l’allégeance politique de ses paroissiens en 1839. Par ailleurs, il est qualifié de rebelle tout comme son frère – désignant ici sa participation à la résistance armée à Saint-Eustache – par le Dr Charles G. O’Doherty qui réalise aussi un recensement politique des habitants de Saint-Eustache en septembre 1839.

Dans sa déposition datée du 4 décembre 1837, le menuisier de Saint-Eustache Gilbert Spénard prouve vraisemblablement la participation de Séraphin Doré à l’expédition du 30 novembre 1837 sur la mission d’Oka. Le raid, dirigé par Girod et Chénier, a pour but premier de réquisitionner les armes et les munitions contenues au magasin de la Baie d’Hudson de l’endroit et chez les Amérindiens.

Le 1er février 1838, le cultivateur de Saint-Eustache Michel Aubry accuse Séraphin Doré, dans son examen volontaire, de l’avoir « commandé » de se rendre au camp de Saint-Eustache afin de participer à la résistance.

Nous savons enfin que le 14 décembre 1837, Séraphin Doré participe à la bataille de Saint-Eustache alors que les insurgés dirigés par le Dr Chénier affrontent l’armée anglaise et les volontaires loyalistes du général John Colborne. Où a-t-il combattu exactement ? Dans l’église aux côtés des Chénier, Guitard, Cabana et Deslauriers ? Ou était-il dans le presbytère avec le vieux Forget ? Aucun témoignage ne nous est parvenu jusqu’à nous pour répondre à cette question. Quoi qu’il en soit, Séraphin Doré, alors âgé de 29 ans, est tué durant l’affrontement du 14 décembre 1837 à Saint-Eustache. Il est inhumé entre l’église paroissiale et le presbytère, dans le cimetière des enfants morts sans baptême, aux côtés d’autres patriotes de l’endroit, tous excommuniés.

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