Henry Dundas : lieutenant-colonel du 83e régiment

 

Henry Dundas est issu d’une famille aristocratique marquée par les carrières politique et militaire. Né en 1801, il est le fils de Robert Dundas, 2e vicomte de Melville.

            Militaire de métier, il est, depuis 1824 et au moment des rébellions de 1837-1838, lieutenant-colonel du 83e régiment. Il participe à plusieurs affrontements importants, notamment à Saint-Eustache en décembre 1837 et à Prescott en novembre 1838.

            En 1841, à la suite de son rôle joué durant la bataille de Prescott, il est promu colonel, puis retourne en Angleterre à titre d’aide-de-camp de la reine Victoria. À la mort de son père en 1851, il devient 3e comte de Melville, mais poursuit tout de même sa carrière militaire jusqu’à l’obtention du grade ultime de général en 1868. Il est décoré de l’Ordre de Bath en 1870. L’« Honorable » Henry Dundas décède en 1876, célibataire, au château familial, non loin d’Édimbourg en Écosse. 

            Sa participation aux événements de 1837-1838 est particulièrement significative. C’est le 13 juillet 1837 que débarquent à Québec Dundas et son régiment en provenance d’Halifax, à bord du Vestal (le même navire qui transportera les huit exilés patriotes aux Bermudes en 1838) et du Champion.

            Le premier de ces principaux faits d’arme demeure sa participation à la bataille de Saint-Eustache le 14 décembre 1837. D’après un document officiel conservé aux Archives nationales du Canada, intitulé « Return of the troops employed on the expedition to St. Eustache, Montreal, 13th december 1837 », il est clairement spécifié que Dundas est lieutenant-colonel du 83e régiment qui est constitué de 395 soldats. Son régiment fait alors partie de la première brigade militaire dirigée par le colonel John Maitland et qui comprend aussi les hommes du 32e régiment et la Royal Montreal Cavalry.

            Dundas quitte Montréal le 13 décembre 1837 en direction du comté des Deux-Montagnes. Son régiment demeure sous le commandement du général John Colborne. Après avoir bifurqué pour la nuit à Saint-Martin, sur l’île Jésus, Dundas quitte en direction de Saint-Eustache au matin du 14 décembre. Il traverse la rivière des Mille-Îles à la hauteur de Saint-Rose. Sa longue marche hivernale se poursuit ensuite sur le chemin de la Grande-Côte sur plusieurs kilomètres. Les hommes de Dundas se positionnent d’abord un peu au nord-ouest du village de Saint-Eustache afin de couper la retraite des fuyards. Par la suite, Dundas a pour instruction de s’avancer dans la « grand-rue » aux côtés de l’artillerie royale. Après un bombardement et une fusillade nourris, les soldats de Dundas ont pour mission de se faufiler derrière la place publique du village, particulièrement en arrière de l’église, principal foyer de résistance des rebelles.

Au lendemain matin de la bataille de Saint-Eustache, Dundas et sa troupe se rend au village de Saint-Benoît. Le 83e régiment quitte le comté des Deux-Montagnes peu après le départ de Colborne le 16 décembre 1837.

Malgré son rôle déterminant au sein de l’armée britannique, Henry Dundas confirme un lien d’amitié avec le patriote de Québec, Robert Shore-Milnes-Bouchette. Il lui écrit en date du 29 janvier 1838 :

« Je vous écris pour vous exprimer l’intérêt que je prends à tout ce qui vous regarde et cet intérêt n’est aucunement diminué par la ligne de conduite que vous avez adoptée, bien que je la désapprouve aussi énergiquement que possible. Une partie de votre conduite me fait un sensible plaisir : vous n’êtes pas de ceux qui, ayant provoqué une révolte, ont bassement abandonné leurs camarades, mais vous avez bravement combattu pour la défense de votre drapeau et versé votre sang pour la cause que vous aviez épousée. J’aurais voulu vous voir mieux user de vos talents, mais une conduite conséquente est toujours respectable, et j’espère vous rencontrer en des temps plus heureux lorsque le tumulte sera apaisé. »

            Le véritable fait d’arme du lieutenant-colonel Dundas se trouve dans l’affrontement du moulin à vent de Prescott, dans le Haut-Canada, à la mi-novembre 1838. Le 11 novembre, son régiment est cantonné à Kingston. Il apprend que les Hunter’s Lodges (les Frères Chasseurs du Haut-Canada) sont sur le point de prendre possession du moulin à vent de Prescott (Windmill). Dundas, reconnu pour sa prudence et ses actions réfléchies, décide, au matin du 12 novembre, de ne pas se rendre immédiatement et de manière précipitée à la rencontre des rebelles sans connaître leurs objectifs précis.

            Après deux jours d’escarmouches, le lieutenant-colonel Dundas arrive à Prescott en compagnie de quatre compagnies du 83e régiment ainsi que deux projectiles de 18 livres et un obusier. Jusqu’alors, les ordres reçus de Dundas de la part du lieutenant gouverneur George Arthur étaient de parvenir au règlement de la situation tant et aussi longtemps que la sécurité du Fort Henry n’était pas mis en danger. Dundas se relaye donc aux côtés du colonel Plomer Young au commandement des troupes. Il dirige alors un feu particulièrement nourri sur le moulin qui n’en résulte que peu de dommage. Vers la fin du combat, « Dundas est déterminé à perdre le moins d’hommes que possible ». Les rebelles, dirigés par Nils Von Schoultz, viennent rapidement qu’à manquer de munitions. Les 157 rebelles sortent finalement avec le drapeau blanc et se constituent prisonniers au lieutenant-colonel Dundas. Enfin, de ce groupe, 11 rebelles seront pendus, incluant leur chef Nils Von Schoultz, le 8 décembre 1838.

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