1837 : Alexandre Pouchkine meurt à la suite d’un duel

Il existe une citation de Paul Valéry qui décrit parfaitement le contexte historique dans lequel évolue le personnage qui fait l’objet de notre présente chronique : « Dans l’histoire de l’humanité il y a trois sommets : l’Antiquité grecque, la Renaissance italienne et le XIXe siècle russe. »

De son vrai nom, Alexandre Sergueïevitch Pouchkine, mieux connu sous le nom d’Alexandre Pouchkine, est sans nul doute le plus célèbre poète, romancier et dramaturge que la Russie a connu dans son histoire.

Pouchkine naît à Moscou le 6 juin 1799. Élevé dans la langue française dans une famille russe de la haute aristocratie, il serait l’arrière-petit-fils d’Abraham Hanibal, un prince camerounais devenu le filleul de Pierre le Grand. Dès son tout jeune âge, Pouchkine se passionne pour les auteurs français tels Molière, Voltaire, Panny, et aussi anglais tel Shakespeare. De 1811 à 1816, il étudie principalement en littérature. Il rédige ensuite des poèmes romantiques. En 1820, après avoir publié des poèmes séditieux, il est condamné à l’exil au Caucase, à Kichinev et à Odessa, par le tsar Alexandre Ier. À la mort de ce dernier, le nouveau tsar, Nicolas Ier, le prend sous son aile et lui permet de revenir à Moscou où il connaît une courte mais éclatante carrière.

Son œuvre contient entre autres des poésies lyriques, des poèmes et des scènes dramatiques, des nouvelles, des articles de critique, des souvenirs de voyages et des études historiques. Selon plusieurs, Pouchkine « inaugure une nouvelle littérature russe en l’affranchissant de sa dépendance à l’égard de normes étrangères » (Wikipédia). Il est sans contredit le meilleur représentant du romantisme russe et à coup sûr, le créateur de la littérature russe moderne. Les plus célèbres auteurs et compositeurs qui le suivirent s’en inspirèrent largement. Pensons à Gogol, Dostoïevski, Tolstoï, Tchaïkovski et Moussorgski.

Le 18 février 1831, il épouse Natalia Gontcharova, qui sera l’ultimement objet de son propre décès. Vers la fin de 1836, par le biais de lettres anonymes, Pouchkine est mis au courant de l’intérêt que porte Georges-Charles de Heecheren d’Anthès (1812-1895), fils adoptif de l’ambassadeur de Hollande, à l’égard de sa femme. Il le provoque alors en duel et écrit dans son Journal secret (1836-1837) : « La prédiction se réalise. J’ai provoqué Dantès en duel. L’Allemande ne m’avait-elle pas annoncé une mort violente par la main d’un homme blond ? Je sens la puissance du destin, je vois comment il est en train de se réaliser, mais je ne peux pas l’éviter, car le déshonneur est plus terrible que la mort. » Pouchkine retire son cartel alors que d’Anthès devient son beau-frère. Plus tard, Pouchkine, totalement excédé de la situation qui perdure, écrit alors au père adoptif d’Anthès une lettre injurieuse. Le poète refusa de retirer ces propos qui, semblent-ils, atteignaient l’honneur autant du père que du fils. Le conflit étant devenu irréconciliable, un duel fut alors organisé. Dans cette histoire, c’est d’Anthès qui est considéré comme l’offensé. Ce dernier choisit le pistolet pour l’affrontement et le vicomte d’Archiac, attaché à l’ambassade française, comme témoin.

Le 8 février 1837 (calendrier grégorien), au crépuscule, dans une clairière non loin de Saint-Pétersbourg, les deux adversaires sont placés à vingt pas l’un de l’autre, face à face. D’Anthès, l’offensé, tire le premier et atteint Pouchkine directement à l’estomac. Le poète tire à son tour et atteint d’Anthès au bras droit. Pouchkine, gravement blessé, est immédiatement transporté chez lui. Il décède des suites de sa blessure à l’âge de 37 ans, deux jours plus tard, soit le 10 février 1837.

À la suite du décès de son adversaire, d’Anthès est emprisonné à la Forteresse Pierre-et-Paul de Saint-Pétersbourg. Après avoir clamé son innocence et la pureté de ses sentiments, il est finalement gracié par l’empereur. La paire de pistolet est aujourd’hui exposée dans un musée à Amboise dans sa mallette de voyage.

 

RÉFÉRECNES :

Pouchkine, Journal secret (1836-1837), Éditions Sortilèges, 1994.

Site Internet : www.wikipedia.org

 

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