L’arrestation du beau-père de Maximilien Globensky en 1837

Le présent récit est tiré de l’ouvrage de Charles-Auguste-Maximilien Globensky : La Rébellion de 1837 à Saint-Eustache (1883). Il est question de l’arrestation du beau-père de Maximilien Globensky, Hyacinthe Lemaire dit Saint-Germain, arpenteur à Saint-Eustache.
C.-A.-M. Globensky publie donc le récit de son grand-père maternel afin de réhabiliter la mémoire de son père. Il affirme que Lemaire dit Saint-Germain « se trouvait au nombre de ceux qui, quoique modérés, sympathisaient néanmoins avec les fauteurs de la révolte ». Toujours selon Globensky, Lemaire dit Saint-Germain, « quoiqu’il approuvait les sentiments des mécontents, fut toujours opposé à la violence où la prise des armes qu’il regardait comme un acte de grande et périlleuse folie ».
Le 14 décembre 1837, Lemaire dit Saint-Germain se trouve chez lui sur la Grand-rue, bien résolu à ne point fuir. Sa résidence est pourtant en plein cœur du village et ainsi fortement exposée au feu des troupes du général John Colborne. « Il donnait pour raison qu’il n’avait rien à craindre ou à se reprocher. » Globensky relate les paroles ironiques de son grand-père en ces termes :
« Après m’être promené philosophiquement durant quelques minutes dans ma maison, les mains placées derrière le dos (coutume habituelle), écoutant le vacarme peu rassurant des assaillants qui allaient envahir le village, la curiosité me poussa à voir ce qui se passait au dehors; mais en ouvrant une croisée, un messager importun ou un avant-garde que l’on nomme boulet et que l’artillerie royale me faisait l’honneur de diriger contre mes pénates, passa à quelques pouces de la partie la plus proéminente de mon visage, mon pauvre nez, et le frisa à tel point que sa couleur et son odorat en furent presque supprimés. Oh! C’est alors que je m’interpellai et que j’eus le bon sens de dire à mon individu : Saint-Germain! Tu es un imbécile et il est temps pour toi d’abandonner ton gîte, si tu ne veux pas tomber sous le plomb du chasseur ou être grillé comme un renard dans sa tanière! Aussi, c’est ce que je me proposai de faire à l’instant : mais l’homme propose et le diable dispose quelquefois. À peine avais-je levé le pied lestement que je fus saisi, garrotté comme une momie égyptienne par les soldats anglais, et entraîné à leur remorque comme un vil scélérat. Il fallu bien me résigner, et je commençai à réfléchir sérieusement sur ma peu enviable position. Je m’acheminai piteusement vers je ne sais où, lorsque je fus agréablement surpris de voir accourir vers moi le capitaine Globensky, mon gendre, qui sans demander de permission à mes sbires, coupa mes liens et m’arracha des mains de cette soldatesque sans gêne et furibonde, qui vociférait contre moi les noms prosaïques de damned rebel, damned… et qui était loin de me faire les yeux doux. »
Au dire de C.-A.-M. Globensky, son père tenta par tous les moyens d’empêcher l’incarcération de son beau-père, mais « il eut la douleur d’échouer et M. Lemaire dit Saint-Germain fut conduit à Montréal où il fut détenu durant quelque temps dans la prison de cette cité ». Après des recherches effectuées dans les registres de la prison de Montréal en 1837-1838, nous n’avons trouvé aucune trace de l’emprisonnement de Saint-Germain entre 1837 et 1839.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *