Charles Oakes Ermatinger : un militaire en 1837

Charles Oakes Ermatinger est l’un des principaux dirigeants de la troupe de cavalerie de l’armée qui est venue combattre à Saint-Eustache le 14 décembre 1837. Il est d’ailleurs beaucoup moins connu que son père homonyme, important marchand et trafiquant de fourrure au Bas-Canada. Sa mère est quant à elle une princesse indienne ojibwa nommée Charlotte Cattoonaluté.

Nous savons très peu de choses sur cet important militaire de 1837. En outre, il serait né en 1802 et aurait probablement résidé à Saint-Thomas.

En 1837, Charles Oakes Ermatinger est nommé lieutenant du Royal Montreal Cavalry, une troupe de cavaliers volontaires loyalistes sous les ordres de Sydney Bellingham et du major Eleazar David.

Le 17 novembre 1837, Ermatinger est à la tête d’une quinzaine d’hommes de la Royal Montreal Cavalry. La troupe, accompagnée de constables, était chargée d’appréhender le notaire Pierre-Paul Démaray et le docteur Joseph-François Davignon, deux leaders patriotes accusés d’avoir participé à l’assemblée des Six Comtés tenue à Saint-Charles le 23 octobre précédent. C’est Ermatinger lui-même qui aurait fait irruption chez ces messieurs afin de les constituer prisonnier. Sur le chemin du retour, la Royal Montreal Cavalry est surpris par Bonaventure Viger et ses hommes. L’escarmouche de Longueuil demeure un événement clé dans l’agenda patriote. Pour la première fois, les autorités perdent en quelque sorte le « contrôle ». Durant cette embuscade, Viger est lui-même blessé. Pour sa part, Ermatinger « reçoit une volée de chevrotine à la joue et à l’épaule ». Dès la fin de l’engagement, il part en direction de Montréal afin de rapporter l’événement à son supérieur, le général John Colborne.

Le 8 décembre suivant, le lieutenant Ermatinger est chargé avec sa troupe de se rendre dans le comté chaud des Deux-Montagnes afin de reconnaître les éléments patriotes et loyaux de la région avant le passage du gros des troupes de Colborne.

Lors de l’historique bataille de Saint-Eustache le 14 décembre 1837, Ermatinger est à la tête de ses hommes aux côtés de ses deux autres acolytes. La mission de la Royal Montreal Cavalry était alors de surveiller les chemins avoisinants la rivière du Chêne aux abords de Saint-Eustache. Le lendemain, il se rend à Saint-Benoît où la résistance est abandonnée par les insurgés. Le 16 décembre, les hommes d’Ermatinger servent d’escorte personnelle au vétéran de Waterloo lors de son retour à Montréal.

Dans une lettre adressée à son ami Augustin-Norbert Morin le 27 avril 1838, le notaire de Saint-Benoît Jean-Joseph Girouard, en parlant du pillage fait par les troupes de sa majesté, affirme que « M. Ermatinger a pris une guitare anglaise qu’il a rapportée de l’expédition, suspendue à son cou ». Il sert dans la Royal Montreal Cavalry jusqu’en 1850. Puis, en 1853, il est promu en tant que chef de police de Montréal. Il serait décédé en 1857.

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