Les terres des chénier et Sauvé

C’est à la suite de nos recherches dans le cadre de l’exposition sur l’ancien Premier ministre du Québec Paul Sauvé (Désormais, l’avenir) en 2003-2004 que nous avons pu constater cet intéressant parallèle entre les propriétés qui ont appartenu au chef patriote Jean-Olivier Chénier et aux membres de la famille Sauvé, à savoir Arthur et Paul, et autant à Saint-Benoît qu’à Saint-Eustache. Voyons cela.

Tout juste diplômé en médecine, le jeune docteur Jean-Olivier Chénier s’établit dans la paroisse de Saint-Benoît en 1828. Il s’implique rapidement en politique et côtoie les principaux leaders du comté d’York (Deux-Montagnes). Le 26 septembre 1831, le jeune docteur épouse à Saint-Eustache Marie-Louise-Zéphirine Labrie, fille du docteur Jacques Labrie. Entre-temps, Chénier acquiert à Saint-Benoît, en 1832, une propriété de 80 pieds par 150 pieds située au sud-ouest de la rue Saint-Jean-Baptiste.

À la suite du décès prématuré de Jacques Labrie le 26 octobre 1831, et puisque sa mère renonce à la communauté de son mari, Zéphirine Labrie « hérite de diverses propriétés de son père dont l’école sise sur la rue Mignonne (actuelle rue Chénier), ancienne résidence du notaire Pierre-Rémy Gagnier, son grand-père ». Selon certains, l’ancienne école dédiée aux jeunes filles tenue par le docteur Labrie servira, selon certains, au médecin patriote de bureau de pratique. Le couple Chénier-Labrie ne demeure donc pas à cet endroit, contrairement à la croyance populaire. En 1834, le couple Chénier-Labrie déménage à Saint-Eustache, Chénier vend alors sa propriété de la rue Saint-Jean-Baptiste à Saint-Benoît au jeune docteur Luc-Hyacinthe Masson. À Saint-Eustache, le couple habite plutôt un autre lopin de terre « de trois arpents de front sur toute la profondeur » sur la côte du Lac (lot 51). C’est là que le chef patriote demeure jusqu’à son décès sur le champ de bataille le 14 décembre 1837. Voyons maintenant le cheminement de la grande famille politique Sauvé.

Arthur Sauvé naît à Saint-Hermas le 1er octobre 1874. Il épouse Marie-Louise Lachaîne à Saint-Benoît le 3 octobre 1899. À partir de 1906, le futur député du comté des Deux-Montagnes habite la propriété sise à l’actuelle 3984 de la rue Saint-Jean-Baptiste à Saint-Benoît, soit la même propriété acquise par les docteurs Chénier et Masson. C’est aussi à cet endroit que Paul Sauvé, futur Premier ministre du Québec, voit le jour le 24 mars 1907. Première coïncidence.

En 1923, Arthur Sauvé achète du marchand J.-A. Paquin une élégante résidence construite en 1880 sur le site de l’ancienne école pour filles du docteur Labrie à Saint-Eustache, soit le lopin de terre qui a aussi appartenu à Jean-Olivier Chénier entre 1835 et 1837. Seconde coïncidence.

Le site no. 31 du cadastre du village de Saint-Eustache demeure vacant pendant plus de cinquante ans avant qu’Arthur Sauvé l’acquiert en 1923. Il en demeure le propriétaire jusqu’à sa mort en 1944. Enfin, de 1944 jusqu’à son propre décès le 2 janvier 1960, c’est Paul Sauvé et sa famille qui y demeure.

Hasard, coïncidence ou volonté avouée? Il est tout de même fort inusité de constater que le légendaire chef patriote Jean-Olivier Chénier et les deux illustres membres de la famille Sauvé (Arthur et Paul) ont été les propriétaires des mêmes emplacements à Saint-Benoît et Saint-Eustache.

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