Vol de cadavres à Saint-Eustache

Voici une petite histoire dont le sujet nous a été transmis par notre ami et collègue, M. Georges Aubin, toujours au fait de nouvelles découvertes ou clin-d’œil historiques, toutes aussi saugrenues qu’intéressantes. L’histoire dont il est question est tirée du journal La Patrie (1879-1978) qui, durant cent ans, a été l’un des journaux les plus diffusés au Québec.

L’acteur principal du récit est Zéphirin Champagne, un cultivateur de Saint-Eustache. Jusque-là, rien de bien spécial. À tout le moins, nous sommes en droit de nous demander où se trouve le lien de cette histoire avec les événements de 1837-1838. Disons d’emblée qu’il est bien mince. Il faut d’abord savoir que Zéphirin Champagne est le fils de Charles Laplante dit Champagne, boulanger résidant sur la Grand-rue au village de Saint-Eustache. Ce dernier a été ni plus ni moins que le boulanger du camp armé au village de Saint-Eustache, dans le mois précédant la bataille du 14 décembre 1837.

Zéphirin Laplante dit Champagne est donc le fils de Charles Laplante dit Champagne et de Christine Handegrave. Le 10 novembre 1863, il épouse à Saint-Eustache Olivine Handegrave dit Champagne, fille de Simon et de Josephte Labelle. Mais venons-en à l’histoire qui nous intéresse. Laissons donc le journal La Patrie nous raconter cette histoire bizarre :

M. Zéphirin Champagne, cultivateur de Saint-Eustache, est allé se plaindre samedi à M. Bissonnette, que les cadavres de Pierre Labelle, d’Angélique Girouard, celui d’une jeune fille nommée Mallette, d’un Italien étranger à la paroisse, enfin celui d’une dame Dumoulin avaient été enlevés du charnier de Saint-Eustache, le 21 courant. On visita les écoles de médecine de la ville dans l’espoir de recouvrer un ou plusieurs des cadavres, mais les recherches furent infructueuses.

Dès le lendemain, le même quotidien nous relate le dénouement de cet invraisemblable récit. En effet, le même Champagne aurait par la suite averti l’éditeur de La Patrie afin de lui confirmer la découverte des cinq corps. Ces derniers furent retrouvés dans une grange du village de Saint-Eustache, non loin de leur endroit d’origine. Les raisons demeurent cependant obscures. Les éditions subséquentes ne nous apprennent rien de plus à ce sujet…

Référence :

La Patrie, 24 et 25 février 1879.

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