Une première bande-dessinée sur l’histoire des patriotes

Eh oui ! Une véritable première dans le domaine de la littérature québécoise que cette toute nouvelle publication sur l’histoire des patriotes, mais cette fois… sous forme de bande-dessinée. C’est encore une fois le hasard qui a fait tourner notre attention s’est vers ce projet.

C’est le bédéiste Jocelyn Jalette qui est à l’origine de cette première BD ayant comme trame de fond les troubles de 1837-1838. La République assassinée des Patriotes verra le jour dans un format traditionnel de 46 pages couleurs, avec couverture cartonnée. En ce qui a trait au titre, l’auteur-dessinateur affirme qu’il « tente de résumer le moment clé de toute la révolution avortée des patriotes ; la tentative d’instaurer une république en 1838 ». Le récit relate en soi l’histoire des patriotes de 1832 à 1839.

Voici un court résumé de l’histoire : « La grand-mère de David Gérald (le personnage principal de l’histoire) nous raconte l’épopée de son ancêtre patriote dans le Bas-Canada de 1832 à 1839. La République du Québec se nommait ainsi à cette époque et subissait la domination coloniale de la Grande-Bretagne. Les forces d’occupation anglaises ne laissaient que très peu de place à l’expression démocratique. Les élus du peuple canadien demeuraient sans réels pouvoirs depuis trop longtemps. Un jour, les Patriotes n’eurent pas d’autres choix que se défendre pour faire respecter leurs droits. »

Nous nous sommes entretenu avec le principal intéressé afin d’en savoir un peu plus sur sa nouvelle bande-dessinée. D’abord, que représente pour lui l’histoire des rébellions de 1837-1838 ? « L’épopée des patriotes est évidemment une passion pour lui, de dire l’auteur-dessinateur.  Il se sert de ses personnages fictifs afin de créer un lien plus direct entre le lecteur et l’histoire réelle. C’est ainsi plus facile d’expliquer dans leurs dialogues un contexte qui pourrait nous paraître bizarre aujourd’hui. » Ensuite, comment s’y est-il pris afin de construire son récit ? Désirait-il en ce sens toucher à l’ensemble des principaux événements de 1837-1838 ? « Oui, le récit résume l’histoire du Québec avant et après les patriotes sur six pages. Les 40 autres traitent de la période allant de 1832 à 1839. Je passe les principaux événements pour mieux comprendre ce qui a mené aux combats de 1837-1838. Et je n’oublie pas le Haut-Canada… », de renchérir M. Jalette.

La République assassinée des Patriotes traduit le récit de quelques personnages fictifs qui interagissent avec de réels personnages historiques. Par exemple, on y relate la bataille de Saint-Eustache sur deux pages, ainsi que celle de Saint-Denis. David Gérald y côtoie notamment les Jean-Olivier Chénier et Amury Girod.

Voici les principaux personnages de l’histoire : D’abord David Gérald, un Québécois d’origine haïtienne, qui est issu d’une famille préoccupée de justice sociale, d’égalité et de liberté. Évidemment, il n’y a pas de preuves tangibles qu’un « fils d’Haïti » ait pris une part active au mouvement patriote, « mais rien n’empêche historiquement qu’il y aurait pu en avoir un. Des esclaves venus d’Afrique étaient présents dès la Nouvelle-France. L’histoire des Noirs au Québec fut toujours occultée et recèle sûrement des surprises », de dire M. Jalette. C’est en 2002 que celui-ci crée son personnage David Gérald « qui fonde, à l’aide de ses amis, une coopérative de commerce équitable. Par la suite, il décide de poursuivre son action humanitaire dans le milieu de la politique. Chacune des aventures de ce personnage amène le lecteur à parcourir le monde. C’est un humaniste réaliste qui veut changer le monde, tout en étant confronté à son pire adversaire : l’égoïsme et la cupidité de la plupart des gens. »

Le second personnage fictif à jouer un rôle déterminant dans La République assassinée des Patriotes se nomme Napoléon Dubrule. C’est « un Acadien dont la famille a fui l’épuration ethnique de 1755 en venant se réfugier à Saint-Jacques-de-l’Achigan dans la région de Lanaudière, de dire le bédéiste. Comme plusieurs Québécois de l’époque, il se prénomme Napoléon en l’honneur de l’empereur français, alors très admiré. De plus, comme malheureusement nombre de ses concitoyens, il est analphabète. »

Quant à Amable Galette, c’est « un bourgeois de la Haute-ville de Québec. Sa famille noble est une des rares qui ne soit pas retournée en France après la défaite de 1760. C’est un personnage « vaguement » inspiré de l’auteur de cet album. »

Enfin, l’auteur a créé le personnage d’Isabelle Bradshaw qui représente l’archétype du personnage anglais qui permet de mieux comprendre leur point de vue… « sans pour autant l’approuver » !

L’auteur et dessinateur Jocelyn Jalette, originaire de Joliette, est bédéiste amateur depuis 1987, mais professionnel depuis 2001. Ce dernier a débuté sa carrière dans les pages de la revue Jeunes du monde. Dès l’année suivante, il crée son personnage le président David Gérald. Par la suite, M. Jalette se consacre principalement à l’illustration de manuels scolaires, d’affiches et de divers travaux jusqu’en 2001 ; date de la parution du premier livre de David Gérald intitulé Un peuple en otage (Éditions Soleil de minuit). La seconde aventure de David Gérald, Échec à la guerre, est publiée en 2003. L’année suivante, M. Jalette publie Balle perdue pour David Gérald, puis en 2007, La grosse machine/L’environnement et David Gérald affronte l’Harmatan/La démocratie. Enfin, en 2008, Les Chevaliers de la renaissance/Les droits humains sort sur les tablettes.

La République assassinée des Patriotes de Jocelyn Jalette, publiée aux Éditions Soleil de minuit au coût de 20 $, sera disponible en librairie en mai 2009.

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