Une assemblée loyale à Chatham

La région englobant les cantons de Gore, Chatham, Wentworth et Harrington dans le comté des Deux-Montagnes nous est généralement inconnue lorsqu’il est question des rébellions de 1837-1838. Ce coin de pays, peuplé en grande majorité d’anglophones (Anglais, Écossais et Irlandais), est évidemment mobilisé dans le camp constitutionnel. Les cantons de Gore et Chatham fournissent d’ailleurs plusieurs volontaires loyalistes lors des troubles de 1837.

Déjà à partir du dépôt des 92 Résolutions au début de 1834, les principaux leaders du canton de Chatham organisent leur propre « résistance » face aux mouvements des patriotes de Saint-Benoît. C’est dans ce contexte que les bureaucrates de l’endroit tiennent une assemblée loyale le 3 mai 1834.

C’est un certain Charles Greece qui occupe la présidence du rassemblement. Le docteur J. Edward Rankin, chirurgien au sein de la milice du comté, agit quant à lui à titre de secrétaire. Le président de l’assemblée entretient ensuite la foule sur le but de la réunion. Après quelques échanges, des résolutions sont lues puis adoptées à l’unanimité. Parmi celles-ci, on affirme en outre « que sous l’autorité de la Grande-Bretagne, nous apprécions la prospérité ininterrompue que la mère patrie nous procure, et que l’assemblée tient à promouvoir sa suprématie et à tout hasard vis-à-vis ses ennemis ».

L’assemblée loyale de Chatham réitère aussi « qu’elle regrette profondément la tendance prise par les Résolutions entérinées par une majorité de représentants à la Chambre d’assemblée sur l’état de la province ». De plus, on dit « qu’il est de l’opinion de l’assemblée que la plupart des résolutions adoptées par la députation patriote n’ont aucun fondement « with very few exceptions ».

On manifeste ensuite l’attachement des constitutionnels de Chatham envers l’Angleterre. L’assemblée réitère ainsi sa confiance à l’égard des institutions politiques britanniques. De plus, l’administration du gouverneur lord Aylmer méritait amplement l’approbation des gens de Chatham.

Enfin, l’assemblée constitutionnelle prévoit faire parvenir ses procédés à Sa Majesté britannique ainsi qu’aux différentes branches législatives. Pour ce faire, un comité est d’ailleurs mis sur pied afin d’envisager la meilleure façon de faire parvenir le tout à sa « destination ultime ». Les journaux de l’époque ne nous donnent de plus amples détails sur ce rassemblement loyal.

Références :

Montreal Gazette, 3 juin 1834.

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