Un Molson périt dans le naufrage du Titanic

Disons d’entrée de jeu que le présent sujet de chronique est un heureux prétexte pour aborder l’un des sujets historiques qui nous passionnent particulièrement. Tout récemment, votre humble serviteur s’est rendu au 5e étage du Centre Eaton de Montréal afin de visiter l’exposition intitulée : « Titanic : L’exposition, les vrais objets, la vraie histoire ». C’est plus spécifiquement vers la fin de cette magnifique exposition que nous apprenons que l’un des petits-fils de John Molson, fondateur de la grande dynastie commerciale et financière arrivé au pays en 1782, a perdu la vie dans le naufrage de l’historique et « insubmersible » paquebot. Voyons donc qui est ce descendant de famille bureaucrate qui connut une vie pour le moins, exceptionnelle…

Harry Markland Molson naît à Montréal, le 9 août 1856. Il est le fils de William Molson et d’Helen Converse. Son grand-père paternel est nul autre que John Molson (père), fondateur de la célèbre brasserie du même nom, grand bourgeois monarchique et supporteur du principe aristocratique. L’un de ses oncles est par le fait même John Molson fils, administrateur de la Banque de Montréal, premier président de l’Association constitutionnelle de Montréal et officier dans la Royal Montreal Cavalry qui est fortement impliqué dans la répression des rébellions de 1837-1838.

Le jeune Harry Markland Molson étudie d’abord à Montréal, puis en Allemagne et en France, de 1873 à 1877. Sa reconnaissance et sa richesse viennent moins du prestige de son nom que du fait qu’un autre de ses oncles, John Henry Robinson Molson, lui légua sa fortune au moment de son décès. Dès ce moment, son nom apparaît au sein des administrateurs de la Molson Bank.

Résidant d’abord sur l’avenue Adgehill, il acquiert aussi une résidence à Dorval où il occupe le premier poste de maire. Molson est impliqué dans plusieurs organismes et associations de toutes sortes : Royal Montreal Golf Club, Montreal Jockey Club, Montreal Hunt Club. Il est aussi gouverneur de la Montreal general Hospital et président de la Society for the Prevention of Cruelty to Animals International (SPCA) depuis 1909. En outre, on le retrouve à la tête de la plus vieille loge maçonnique du Québec : la Loge Saint-Paul no 374.

Harry Markland Molson n’en est pas à ses premières aventures nautiques lorsqu’il monte à bord du célèbre transatlantique. Grand sportif, il est d’abord et avant tout un passionné de navigation. Au fils des ans, il est d’ailleurs propriétaire de quelques bateaux. En 1899, il s’extirpe in extremis du bateau Scotsman durant son naufrage dans le Golfe du Saint-Laurent. Puis, en 1904, durant une traversée à bord du vapeur Canada, Molson échappe une seconde fois à la mort sur le fleuve Saint-Laurent, non loin de Sorel. Il aurait alors participé activement au sauvetage des autres naufragés.

Mais comment Harry Markland Molson se retrouve-t-il sur le légendaire Titanic ? Molson se rend en Angleterre pour affaires en février 1912. Il réserve déjà son retour au Canada en mars, à bord du Tunisian. À ce moment, il est le directeur de l’une des compagnies du major Arthur Godfrey Peuchen, un millionnaire torontois, qui le convainc de poursuivre son séjour en Europe et de repartir avec lui à bord du tout nouveau bateau de la White Star Line construit à Belfast (Irlande), le Titanic, dans le cadre de son voyage inaugural en direction de New York.

Molson accepte volontiers la proposition et se paie un accès en première classe pour la somme de £30 et 10 shillings. Son billet portait le numéro 113787 et sa cabine, la 30, était située au niveau C du bateau.

Le 10 avril 1912, Molson se trouve à Southampton (Angleterre). C’est de cet endroit qu’il monte à bord du célèbre navire. Le soir du 14 avril, il prend le repas en compagnie de M. Peuchen. Nous connaissons malheureusement peu de choses de la suite des événements. La dernière fois qu’on le vit, le Titanic venait de sombrer dans les eaux glaciales au large Terre-Neuve. Il était dans l’eau, à enlever ses chaussures et se préparait à nager en direction d’un bateau dont il apercevait les phares au loin.

Il meurt peut-être d’hypothermie ou de noyade dans l’océan Atlantique le lundi, 15 avril 1912, à l’âge de 56 ans. Il était l’un des Canadiens les plus riches à bord. Son corps ne fut jamais retrouvé.

Références :
Site Internet : www.veterinet.net

Site Internet : www.encyclopedia-titanica.org

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