Richard Hubert

René-Auguste-Richard Hubert naît le 5 juin 1811 à Saint-Denis-sur-le-Richelieu. Il est le fils de Louis-Édouard Hubert et de Cécile Cartier. Il est aussi le cousin germain de Georges-Étienne Cartier. Le 26 décembre 1857, Hubert épouse Hermine Viger, fille de Joseph Viger et de Thérèse Archambault, à la Pointe-aux-Trembles. De cette union naît Louis-Joseph-Richard Hubert, futur avocat de Montréal. Après des études au collège de Sainte-Hyacinthe, Hubert est admis au barreau le 16 avril 1836. Il exerce sa profession pendant 30 ans, puis est nommé protonotaire du district de Montréal le 11 janvier 1866; fonction qu’il occupe jusqu’à sa mort le 19 juin 1884.

Lors des rébellions de 1837-1838, Hubert s’enrôle au sein des Fils de la liberté qui le considèrent comme l’un des membres les plus utiles de leur association. Le 15 juin 1837, lors d’une réunion à l’hôtel Nelson de Montréal,  il est nommé au sein du Comité central et permanent du district de Montréal. Son nom apparaît aussi lors d’une assemblée tenue au même endroit le 5 septembre 1837.

À la mi-novembre 1837, il se rend dans le comté de Deux-Montagnes avec les frères DeLorimier et Ferréol Peltier afin de seconder le général des insurgés du Nord, Amury Girod et son bras droit Jean-Olivier Chénier. On le soupçonne d’être envoyé par le docteur Robert Nelson pour apprendre à Girod la victoire des rebelles à Saint-Denis. Il arrive à Grand-Brûlé le 24 novembre à 10h00 du soir. Mais d’après son examen volontaire, il s’est caché à Montréal pendant cinq à six jours avant d’arriver dans Deux-Montagnes. Il réside ensuite quelques jours chez le marchand patriote Jean-Baptiste Dumouchel à Saint-Benoît.

À la fin novembre 1837, Hubert fait un discours lors d’une assemblée tenue à Saint-Eustache à la sortie de la messe du dimanche. Il a recommandé aux habitants de « prendre les armes contre le gouvernement de sa majesté, d’effectuer une révolte et par ce moyen, de se rendre indépendant de la mère patrie et ce par la force ». Plusieurs dépositions attestent de son implication dans le mouvement patriote et de son poste de chef rebelle au camp de Saint-Eustache. Dans les premiers jours de décembre 1837, il est nommé 1er aide-de-camp de Girod à Saint-Eustache.

Le 30 novembre 1837, lors de l’expédition menée par Girod et Chénier à la Mission du Lac des Deux-Montagnes et au village d’Oka, Hubert est chargé de perquisitionner le magasin de la Compagnie de la Baie d’Hudson tenu par J. G. McTavish. Il s’y rend avec quelques hommes pour forcer la porte du magasin. On y trouve huit fusils, un baril et demi de poudre, deux quarts de plomb, une petite caisse de balles et un quart de lard.

Au début de la bataille du 14 décembre 1837 à Saint-Eustache, il se rend à cheval avec Chénier et 300 insurgés affronter les volontaires de Maximilien Globensky sur la rivière des Mille-Îles alors gelée. Lorsque les troupes régulières du général Colborne, alors situées sur la rive nord, tirent sur eux, les patriotes rebroussent chemin vers le village où la plupart prennent la fuite. Hubert en fait de même et voyant que le village est encerclé, il s’arrête un moment au magasin du marchand Hubert Globensky afin de prendre des munitions, du plomb et des pierres à fusils pour « empêcher les gens de s’en servir contre lui ». Il se dirige aussitôt vers Saint-Benoît en passant à la portée des fusils ennemis. Il entend siffler les balles autour de lui, mais n’est pas atteint. De Saint-Benoît, il se rend vers le sud à Saint-Antoine chez Côme Cartier, frère de Georges-Étienne Cartier. Trahi par un résidant de Verchères, il est arrêté en compagnie de son frère François-Xavier. Il est incarcéré le 5 janvier 1838 à Montréal jusqu’au 7 juillet suivant, date à laquelle il est libéré moyennant le versement d’une caution de 2 000£.

Lors de la deuxième insurrection, il est obligé de se cacher pendant environ trois mois avec son cousin et ami Georges-Étienne Cartier chez un dénommé Ducondu, sur la rue Saint-Paul, pour ne pas être pris de nouveau.

À la suite des soulèvements de 1837-1838, Richard Hubert mène une vie paisible. D’après Laurent-Olivier David, « on a peine à croire en le voyant qu’il a pu être un révolutionnaire dans sa jeunesse. Il est difficile de rencontrer un homme à l’esprit plus positif, moins susceptible en apparence d’enthousiasme ». Richard Hubert s’éteint le 19 juin 1884, à l’âge de 73 ans.

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