François-Amable Daoust : le boucher des patriotes

François-Amable Daoust (Deau ou D’O) est le fils de François-Amable Daoust et de Marie-Louise Sicard. Il naît et est baptisé à Saint-Eustache le 19 mars 1818. Il épouse Josèphe Grignon à Saint-Eustache le 17 septembre 1838. Celle-ci est la fille de François-Xavier Grignon, un important patriote de Saint-Eustache.

Selon le recensement de 1825, Daoust est cultivateur sur la côte Saint-Louis à Saint-Eustache. En 1831, alors résident sur la côte nord de la petite rivière (du Chêne), on sait qu’il possède une terre de 120 arpents dont 84 en culture. Il serait aussi propriétaire de 9 bovins, 5 chevaux, 20 moutons et 15 porcs. Ses cultures se composent alors de 100 minots de blé, 26 minots de pois, 120 minots d’avoine, 160 minots de pommes de terre et de 24 minots de sarrazin. Le recensement de 1842 nous confirme qu’il demeure toujours à Saint-Eustache après les troubles de 1837.

Au niveau politique, François-Amable Daoust est impliqué, jusqu’à un certain point, dans les événements de 1837 dans le comté des Deux-Montagnes. Aucun compte-rendu n’atteste d’une quelconque participation de Daoust aux assemblées politiques qui se déroulent en si grand nombre entre 1834 et 1837. Nous savons par contre qu’il est jugé comme étant compromis dans la rébellion de 1837 par le curé Jacques Paquin qui réalise un recensement « politique » de ses paroissiens en 1839. Il est aussi qualifié de patriote par Eustache Cheval dit Saint-Jacques, son propre capitaine de milice, dans une liste datée du 14 septembre 1839.

Puis, selon une déposition de Louis Lanthier réalisée à Montréal le 22 décembre 1837, François-Amable Daoust aurait participé au « siège » de la résidence de Thomas Cheval dit Saint-Jacques au début de décembre 1837. Un groupe d’insurgés de 8 à 9 hommes, dirigé par le capitaine Jacques Dubeau, aurait en effet surveillé la dite maison du Petit-Brûlé dans le but de capturer Eustache Cheval dit Saint-Jacques, un loyaux reconnu, mais aussi le capitaine de milice de Daoust!

Daoust est incarcéré à Montréal du 20 décembre 1837 au 17 février 1838 pour haute trahison. C’est donc au Pied-du-Courant qu’il fait son examen volontaire le 2 février 1838 et dans lequel on apprend beaucoup de son implication. Il affirme d’abord avoir été appréhendé chez son père, où il résidait, par M. [Charles] Dorion le 17 décembre 1837. Il avoue être demeuré au camp armé pendant dix jours en compagnie d’un groupe d’hommes en provenance de Sainte-Scholastique. Il poursuit : « j’ai été employé par Girod à faire boucherie dans le camp. J’ai tué environ une quarantaine de bœufs avec un nommé [Augustin] L’Espagnol dit Sanche ». Le général Girod lui aurait aussi « fait saler du bœuf ». Toujours au camp, Daoust affirme que durant quelque temps, il aurait pris ses repas chez le marchand William Henry Scott, alors absent du village, avec la permission de Mlle Scott (Marie-Marguerite Paquet) en qui il promit de « ne pas rester au feu ». Tel que promit à son hôtesse, François-Amable Daoust se « sauve chez son frère » dès le début de l’affrontement de Saint-Eustache le 14 décembre 1837.

Nous n’avons malheureusement de plus amples détails sur les faits et gestes du « boucher des patriotes ».

Références :

BAC, recensement de 1825, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-718.

BAC, recensement de 1831, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-723.

BAC, recensement de 1842, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-728.

BAC, Feddocs, Lower Canada Rebellion looses claims 1837-1855, Project no 19-2, RG 19, series E-5-B (R200-113-0-F), volume 5482, no 190.

BAnQ, « Documents relatifs aux événements de 1837-1838 », Fonds Ministère de la justice, M-165-2,  no 728, examen volontaire de François-Amable Daoust, 2 février 1838.

BAnQ, « Documents relatifs aux événements de 1837-1838 », Fonds Ministère de la justice, M-165-2,  no 774, déposition de Louis Lanthier, 22 décembre 1837.

BAnQ, « Documents relatifs aux événements de 1837-1838 », Fonds Ministère de la justice, M-165-5, no 3091, Registre de la prison de Montréal en 1837-1838.

AUBIN, Georges et Nicole Martin-Verenka, Insurrection. Examens volontaires, Tome 1, 1837-1838, Montréal, Lux Éditeur, 2004, p. 72.

MESSIER, Alain, Dictionnaire encyclopédique et historique des patriotes 1837-1838, Montréal, Guérin, 2002, 590 p.

PAQUIN, Jacques, « Tableau politique », La Revue des Deux-Montagnes, annoté par Claude-Henri Grignon, no 5, octobre 1996, p. 43-65.

Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Saint-Eustache, registre 1815-1822, folio 127.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *