Étienne Beauchamp

Étienne Beauchamp voit le jour en 1800, mais nous ne savons à quel endroit. Il est le fils de Jacques Beauchamp et de Pauline Caron. Le 21 novembre 1825, il épouse à Saint-Eustache Céleste Lauzé, fille de Paul Lauzé et de Marie Poirier.

On sait avec le recensement de 1831 que Beauchamp est alors journalier sur la Grande-Côte à Saint-Eustache. En 1842, on le retrouve comme charpentier au même village. Le recensement de 1851 nous confirme la pratique de cette profession et le fait qu’il est âgé de 51 ans. Son nom figure ensuite sur une pétition des paroissiens de Saint-Eustache visant à empêcher le départ du curé Hyppolite Moreau, en date du 23 novembre 1852. Puis, selon le cadastre du village de Saint-Eustache réalisé en 1862, Beauchamp réside « derrière la rue Saint-Eustache », vraisemblablement sur la rue Phébé (actuelle rue Lemay).

Âgé de 37 ans lors des troubles de 1837, Étienne Beauchamp ne semble pas avoir participé directement à la mobilisation politique qui caractérise le comté des Deux-Montagnes entre 1834 et 1837. Son allégeance nous est néanmoins connue par le témoignage de quelques personnes. D’abord, Beauchamp est jugé comme étant « compromis » dans les rébellions si l’on se fie au curé Jacques Paquin de Saint-Eustache qui réalise un inventaire démontrant l’allégeance de ses paroissiens en 1839. Il est aussi jugé patriote par Félix Paquin, son propre lieutenant de milice, dans une liste réalisée le 9 septembre 1839. Ensuite, Beauchamp est considéré comme étant un rebelle par le capitaine et docteur Charles Gordon O’Doherty qui, tout comme le curé Paquin, fait un recensement de l’allégeance politique des habitants de Saint-Eustache en septembre 1839.

Le nom d’Étienne Beauchamp ne se retrouve pas dans les comptes-rendus des assemblées publiques publiés dans les journaux de l’époque ce qui nous laisse croire que son implication politique est peu importante et que l’on ne peut évidemment le considéré comme un leader patriote dans sa paroisse. De plus, Beauchamp ne prend pas les armes à l’hiver 1837-1838 aux côtés des radicaux de Jean-Olivier Chénier et n’est pas non plus arrêté par les autorités gouvernementales.

Étienne Beauchamp appose cependant son nom sur une « pétition des habitants de Saint-Eustache afin d’avoir l’argent nécessaire pour reconstruire l’église paroissiale », en date du 27 novembre 1844, adressée au gouverneur de l’époque sir Charles Theophilus Metcalff.

Enfin, Beauchamp réclame la somme de 16 £, 16 sols et 11 deniers à la Commission des Pertes « pour des effets pillés ou détruits par les troupes ». Les commissaires du gouvernement ne lui accorde par contre que 13 £, 2 sols et 5 deniers.

À l’âge de 67 ans, Étienne Beauchamp décède à Saint-Martin, sur l’île Jésus, le 19 novembre 1867. Sous l’office du curé Louis-Ignace Guyon, et devant Paul Lauzé et J. Beauchamp qui agissent comme témoins, Étienne Beauchamp est inhumé à Saint-Eustache trois jours plus tard.

Références :

Archives de l’évêché de Saint-Jérôme, Pétition des paroissiens de Saint-Eustache pour empêcher le départ du curé Hyppolite Moreau, 23 novembre 1852.

BAC, Feddocs, Lower Canada Rebellion looses claims 1837-1855, Project no 19-2, RG 19, series E-5-B (R200-113-0-F), volume 5482, no 190; volume 3796, no 920, p. 301 ; volume 3796, no 536, p. 717 ; volume 3796, no 2330, p. 679.

BAC, recensement de 1825, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-718.

BAC, recensement de 1831, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-723.

BAC, recensement de 1842, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-728.

BAC, recensement de 1851, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish.

Archives de la Ville de Saint-Eustache, Cadastre du village de Saint-Eustache en 1862.

BAnQ, « Documents relatifs aux événements de 1837-1838 », Fonds Ministère de la justice, M-165-5, no 3091, Registre de la prison de Montréal en 1837-1838.

PAQUIN, Jacques, « Tableau politique », La Revue des Deux-Montagnes, annoté par Claude-Henri Grignon, numéro 5, octobre 1996, p. 43-65.

Répertoire des Actes de baptêmes, mariages et sépultures (R.A.B.), P.R.D.H.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *