L’actualité mondiale en 1837-1838 : l’Algérie

Telle une revue de l’année, nous avons eu l’idée d’écrire cette chronique spéciale sur l’actualité en 1837 et 1838. En fait, nous nous sommes posé les questions suivantes : Quels sont les faits saillants de ces années ailleurs qu’au Bas-Canada ? Bref, que se passe-t-il dans le monde en 1837-1838 ?

Pour ce faire, nous reprenons presque intégralement l’information contenue dans les excellents ouvrages suivants : Chronique de l’humanité et Chronologie universelle.

ALGÉRIE

1837 – Le 30 mai 1837, l’émir Abd el-Kader signe un important traité avec les Français. « La victoire remportée par les Français à la Sikkak, le 6 juillet 1836, n’ayant pu être exploitée, Bugeaud est dans l’obligation de négocier avec Abd el-Kader. Le traité de Tafna étend le domaine de ce dernier jusqu’aux confins du beylicat de Constantine, mais il instaure un malentendu explosif. Bugeaud y voit une imitation restrictive du royaume arabe et une acceptation par Abd el-Kader de la souveraineté française sur l’autre partie du territoire algérien, ce qui, pour Abd el-Kader, n’est certainement pas le cas. Dès l’année précédente, dans une lettre aux juristes de Fès, il avait d’ailleurs évoqué la « patrie algérienne ». Aussi, lorsqu’en octobre 1837 Bugeaut occupera la ville de Constantine, Abd el-Kader verra dans cette action une rupture. Déjà, le traité signé le 26 février 1834 entre les Français et Abd el-Kader n’avait pas résisté à la même contradiction, la logique nationale d’Abd el-Kader pouvant, à la rigueur, fermer les yeux sur la présence française, mais ne pouvant en aucun cas accepter un quelconque partage. La contradiction entre les deux logiques, la française et l’algérienne, est donc totale. Inévitablement, la guerre reprendra plus âpre et plus sanglante que jamais ». Le 13 octobre 1837, c’est la prise de la ville de Constantine par le général Valée, qui assure la suzeraineté française sur la « province de Constantine ».

1839 – Le 3 novembre 1839, à la suite d’une expédition du même général en octobre sur le territoire d’Hamza, l’émir Abd el-Kader lance ses cavaliers contre les plantations de la Mitidja et reprend les hostilités contre la France. « L’occupation par les Français de Constantine est considérée par Abd el-Kader comme une rupture du traité de Tafna (1837). Aussi, l’expédition menée par le maréchal Valée pour relier Constantine à Alger à travers des territoires qui relèvent directement de la souveraineté d’Abd el-Kader (passage des Portes de Fer) est considérée par ce dernier comme un acte de guerre. Les combats reprennent. Cette fois, dans la Mitidja, non loin d’Alger. Les Français connaissent une période difficile qui les incite à tenter « d’en finir ». En décembre 1840, Bugeaut sera nommé gouverneur général de l’Algérie avec, pour mission, de pacifier l’ensemble du pays. Pour cela, il lui faudra cent mille hommes. Il lui faudra également mener une guerre inexpiable, faite de razzias systématiques. Après une longue « mise à l’écart », la France venait de rallier le concert européen. Elle pouvait se permettre d’agir fortement et à sa guise ».

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