La grande assemblée patriote du 20 mars 1834

L’assemblée réformiste dont il est question dans notre présente chronique est importante dans l’agenda politique des patriotes du comté des Deux-Montagnes, principalement du fait qu’elle verra naître le premier Comité permanent de comté.

Une semaine avant la tenue du rassemblement qui se veut réformiste, le Vindicator publie une annonce de l’événement, le tout contresigné par quelques-uns des plus respectables citoyens du comté des Deux-Montagnes dont Alexis-Édouard Montmarquet de Carillon, Joseph-Amable Berthelot, Émery Féré, Jean-Olivier Chénier, Jean-Baptiste Dumouchel, Charles Benedict et William George Blanchard. Étrangement, à la lecture des procédés de l’assemblée, on se rend bien compte que plusieurs protagonistes importants de la rébellion de 1837 dans Deux-Montagnes se côtoient et collabore étroitement durant cette vaste réunion dont le but est de trouver un remède aux maux de la province.

La rencontre se tient à la porte de l’église paroissiale de Saint-Benoît, le 20 mars 1834. C’est nul autre que le notaire de l’endroit, Ignace Raizenne, personnage en vue et très respecté dans la région, qui agit à titre de président de l’événement. Alors âgé de 27 ans, c’est le jeune docteur Jean-Olivier Chénier qui occupe quant à lui le poste de secrétaire. Après les formules d’usage, l’assemblée adopte 13 résolutions.

D’abord, sur une motion du président, il est certifié qu’un sentiment de fidélité et de loyauté anime les habitants de la province à l’égard de Sa Majesté britannique et vis-à-vis son Empire. On approuve cependant l’intégralité des 92 Résolutions adoptées plus tôt la même année. Les gens des Deux-Montagnes voient d’un bon œil la nomination d’Augustin-Norbert Morin, député de Bellechasse et coauteur des 92 Résolutions, chargé d’amener les pétitions en Angleterre conjointement avec Denis-Benjamin Viger. L’assemblée approuve en outre la conduite de la majorité de la Chambre d’assemblée ainsi que ses représentants, MM. Jean-Joseph Girouard et William Henry Scott.

La dixième motion est intéressante. On y mentionne que Girouard et Scott seront nommés à la tête d’un comité de comté chargé de correspondre avec les autres parties de la province. On soulève alors l’importance de créer un comité chargé de se réunir tous les lundis de chaque mois. Un quorum prendrait charge de la direction, mais les membres – tous les citoyens du comté des Deux-Montagnes – auraient le pouvoir de nommer des sous-comités. Un comité de comté est ainsi formé dans Deux-Montagnes à l’instar de bien d’autres au Bas-Canada à la même époque. Quatre-vingt membres sont alors nommés dans les différentes paroisses. Parmi ceux-ci, mentionnons-les plus connus : Ignace Raizenne, Jean-Baptiste Dumouchel, Joseph-Amable Berthelot, Émery Féré, Jacob Barcelo, Jean-Olivier Chénier et Louis Coursolles. Par ailleurs, il faut noter que plusieurs futurs loyaux impliqués en 1837 sont aussi présents au sein du comité, notamment Robert McVicar, Daniel De Hertel, Owen Quinn et Moses Davis.

L’assemblée demande ensuite à ce que les procédés de la rencontre soient publiés dans les journaux libéraux de l’époque, plus spécifiquement dans La Minerve et le Vindicator. Comme à l’habitude, l’assemblée se conclut par des remerciements adressés au président et au secrétaire de l’événement.

Référence :

The Vindicator, 25 mars 1834.

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