Eustache Desforges dit Saint-Maurice

Il va sans dire qu’Eustache Desforges dit Saint-Maurice, comme la majorité des habitants du comté des Deux-Montagnes en 1837, n’a pas une implication politique très importante. On ne peut donc évidemment pas le qualifier de leader dans sa paroisse. Il naît et est baptisé à Saint-Eustache le 31 mars 1795. Il est le fils de Joachim Desforges dit Saint-Maurice et de Marie-Anne Presseau.

Eustache Desforges dit Saint-Maurice épouse Marie-Élisabeth (Isabelle) Lorrain en la paroisse de Saint-Laurent, à Montréal, le 8 juillet 1822. Cette dernière est la fille de Nicolas Lorrain et de Marie-Élisabeth Pigeon. Le couple a au moins huit enfants : à savoir Catherine-Eulalie (1828), Calixte (1833), Marie-Zélina (1835), Marie-Louise-Oliva (1838), Virginie (1840), Eustache (1842), Jules-Frédérik (1845) et Joseph (1849).

Nous savons, par le biais du recensement de 1842, que Desforges est un charpentier demeurant sur la côte du Lac, à Saint-Eustache. Le Directoire de Saint-Eustache Lovell de 1877 nous confirme qu’il travaille au sein du même métier quelques années avant son décès.

Desforges ne semble pas participer aux divers rassemblements politiques qui se déroulent dans le comté des Deux-Montagnes en 1837. Son unique lien aux troubles de 1837 se porte sur la répression exercée par les hommes du général John Colborne en décembre de cette année. En effet, il réclame à la Commission des Pertes, chargée d’étudier la question, la somme totale de 52 livres et 10 sols et ce, « pour une propriété et des effets brûlés ou pillés par les troupes et les volontaires ». L’administration gouvernementale évalue finalement sa demande à la baisse et lui octroie 42 livres et 10 sols.

Eustache Desforges dit Saint-Maurice est jugé comme n’étant pas compromis dans la rébellion de 1837 par le curé loyaliste de Saint-Eustache, Jacques Paquin, qui réalise un recensement de l’allégeance de ses paroissiens en 1839. Il est aussi considéré de la sorte par son capitaine de milice, Jean-Baptiste Paquin, dans une liste datée du 11 septembre 1839. Enfin, son allégeance politique est considérée comme « douteuse » par le docteur et capitaine Charles Gordon O’Doherty qui dresse aussi un inventaire politique des habitants de Saint-Eustache en 1839.

Desforges appose finalement son nom au bas d’une pétition des habitants de Saint-Eustache afin de promouvoir la reconstruction de l’église détruite en 1837. Celle-ci est adressée au gouverneur Charles Theophilus Metcalfe et datée du 27 novembre 1844.

Il meurt à Saint-Eustache le 2 avril 1880, à l’âge de 85 ans. Il est inhumé dans le cimetière paroissial trois jours plus tard devant son fils Calixte et Eustache Cazal, tous deux cultivateur de l’endroit, qui agissent comme témoins.

Références :

BAC, Feddocs, Lower Canada Rebellion looses claims 1837-1855, Project #19-2, RG 19, series E-5-B (R200-113-0-F), volume 5482, no 190 ; volume 3796, #1187, p. 317.

BAC, recensement de 1831, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-723.

BAC, recensement de 1842, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-728.

Lovell, Directoire de Saint-Eustache, 1877.

PAQUIN, Jacques, « Tableau politique », La Revue des Deux-Montagnes, annoté par Claude-Henri Grignon, no 5, octobre 1996, p. 43-65.

Répertoire des Actes de baptêmes, mariages et sépultures (R.A.B.), P.R.D.H.

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