Charles Larocque

Comme plusieurs autres habitants de Saint-Eustache en 1837, Charles Larocque n’est que très peu impliqué dans les événements politiques qui nous intéressent. Il naît, on croit, sur l’île Jésus vers 1802. Il est le fils de Charles-Antoine Larocque et de Rose-Marie Leblanc.

Le 8 août 1826, Larocque épouse, à Sainte-Rose, Esther Suro (Sureau) dit Blondin qui est la fille de Simon Suro dit Blondin et de Marie Lachaîne. Le couple a au moins 12 enfants, à savoir Félix, Augustin (2x), Charles (2x), Cyrille, Eulalie, Marie-Aurélie, Marie-Natalie, Marie-Victoire, Adéline et Jérémie.

Nous savons, par l’entremise des divers recensements de l’époque, que le couple est établi à Saint-Eustache, sur la côte du Lac. Larocque y possède notamment un lopin de terre de 0,5 arpents où il cultive principalement la pomme de terre.

Comme nous le disions en introduction, le rôle de Charles Larocque est très limité dans les troubles de 1837. D’emblée, mentionnons qu’il ne semble pas participer à la mobilisation politique qui s’effectue dans le comté des Deux-Montagnes, entre 1834 et 1837. De plus, Larocque ne prend pas les armes aux côtés des patriotes radicaux de Chénier à l »automne 1837.

Trois témoignages principaux nous confirment toutefois son allégeance patriote. D’abord, Larocque est jugé comme étant compromis dans la rébellion de 1837 par le curé de Saint-Eustache, Jacques Paquin, qui réalise une sorte de recensement politique de l’ensemble de ses paroissiens en 1839. Le 11 septembre de la même année, il est qualifié de patriote par Jean-Baptiste Paquin, son propre capitaine de milice, qui dresse pour sa part une liste selon l’allégeance de ses miliciens lors des troubles de 1837. Enfin, il est considéré comme étant un rebelle (terme plus radical que patriote) par le capitaine et docteur Charles Gordon O’Doherty qui réalise un inventaire politique des habitants de Saint-Eustache durant la même période. Ces trois témoignages sont donc surprenants dans la mesure où Larocque ne semble participer à aucun événement à caractère politique.

Par contre, c’est en fouillant dans Le Populaire, journal constitutionnel dirigé par Clément Sabrevois de Bleury, dans son édition du 18 décembre 1837, que nous apprenons que la résidence de Charles Larocque, située sur la côte du Lac, non loin de la rue Royale (actuelle rue Saint-Louis), est incendiée par les troupes régulières et volontaires du général John Colborne lors de l’historique bataille de Saint-Eustache, le 14 décembre 1837.

Charles Larocque appose aussi son nom au bas d’une « pétition des habitants de Saint-Eustache afin d’avoir l’argent nécessaire pour reconstruire l’église paroissiale ». Ce document est adressé au gouverneur Charles Theophilus Metcalfe et est daté du 27 novembre 1844. Finalement, on retrouve son nom sur une pétition des paroissiens de Saint-Eustache afin d’empêcher le départ du curé Hippolyte Moreau le 23 novembre 1852.

Voici donc résumée la courte liste des références relatives à Charles Larocque. Il s’éteint à Saint-Eustache le 4 octobre 1874 à l’âge de 72 ans. Devant Jean Paquin et Eustache Bélair, il est inhumé le 6 octobre suivant dans le cimetière paroissial.

Références :

BAC, Feddocs, Lower Canada Rebellion looses claims 1837-1855, Project #19-2, RG 19, series E-5-B (R200-113-0-F), volume 5482, no 190.

BAC, recensement de 1825, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-718.

BAC, recensement de 1831, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-723.

BAC, recensement de 1842, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-728.

Le Populaire, 18 décembre 1837.

PAQUIN, Jacques, « Tableau politique », La Revue des Deux-Montagnes, annoté par Claude-Henri Grignon, no 5, octobre 1996, p. 43-65.

Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Saint-Eustache.

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