Assemblée patriote à Sainte-Thérèse

Il arrive souvent qu’au sein d’une même paroisse, dans un même village, la dialectique des assemblées politiques, autant patriotes que loyales, soit très serrée. Nous pouvons ainsi observer dans plusieurs paroisses du Bas-Canada la tenue simultanée d’un rassemblement patriote et d’une assemblée constitutionnelle au même endroit et au même moment. C’est le cas entre autre du village de Sainte-Thérèse, dans le comté de Terrebonne.

La semaine prochaine, nous vous relaterons les procédés de l’assemblée bureaucrate tenue à Sainte-Thérèse le 10 avril 1834. Mais pour l’heure, il appert que le même jour, les patriotes de l’endroit se soient réunis eux aussi, afin de prendre en considération les affaires du pays et principalement afin d’appuyer les 92 Résolutions.

Tenu devant 250 à 300 personnes, le rassemblement est présidé par le futur député du comté de Terrebonne, Séraphin Bouc, cultivateur et marchand à Sainte-Anne-des-Plaines. Dans son allocution de bienvenue, « il invite les personnes présentes à réunir tous leurs efforts pour faire triompher la cause du peuple canadien contre les faussetés et les calomnies journalières que ne cesse de publier contre lui la presse bureaucratique et ses suppôts ». C’est François-Xavier Valade qui occupe le poste de secrétaire de l’assemblée. Au total, quatre résolutions sont alors « unanimement passées et adoptées ».

La première de celles-ci est proposée par l’aubergiste Augustin Tassé. On salue la fermeté et l’énergie avec laquelle la députation patriote a soutenu les intérêts de la province et de ses habitants. La seconde motion, proposée par Augustin Lemay dit Delorme, concerne directement les 92 Résolutions. On dit d’elles qu’elles « représentent sous leur vrai point de vue les nombreux griefs que nous souffrons depuis longtemps, et indiquent les moyens les plus surs et les plus prompts d’en arrêter les progrès et de les faire disparaître ». La troisième résolution affirme sans réserve que l’adresse de la Chambre basée sur les 92 Résolutions exprime vraiment l’opinion des habitants de la province et nommément ceux de la paroisse de Sainte-Thérèse. La dernière motion promouvoit quant à elle la maxime connue « l’union fait la force ». En ce sens, on dit ne vouloir ménager aucun effort afin de contrecarrer les agissements des bureaucrates.

Les procédés de l’assemblée patriote de Sainte-Thérèse du 10 avril 1834, publiés dans La Minerve, se terminent comme suit : « Après la passation de ces résolutions, l’assemblée vota des remerciements au président et au secrétaire, et elle se dispersa dans le plus grand ordre ».

Il est intéressant de savoir qu’aucun contact entre les deux rassemblements ne semble avoir tenu en cette journée de rassemblements. Nous ne savons d’ailleurs si les deux assemblées populaires se tenaient non loin l’une de l’autre. Nous verrons la semaine prochaine l’autre assemblée, celle-là constitutionnelle, tenue au même moment à Sainte-Thérèse.

Référence :

La Minerve, 14 avril 1834.

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