Antoine Denis dit Laporte

Il semble que, bien malgré lui, le journalier de Saint-Eustache Antoine Denis dit Laporte soit impliqué dans la résistance armée qui caractérise le comté des Deux-Montagnes en décembre 1837.

Antoine Denis dit Laporte naît à Saint-Eustache le 18 février 1811, selon la Revue des Deux-Montagnes. Il est le fils de François Denis dit Laporte et de Marie-Marguerite Ammaringher (Amaringer). On lui connaît un frère aîné, nommé François-Xavier, qui est aussi impliqué en 1837, mais dans une moindre mesure.

Le 31 janvier 1838, Antoine Denis dit Laporte réalise son examen volontaire, devant le juge de paix Benjamin Hart, dans lequel il relate en détail tout le contexte de son implication « forcée » dans les événements de 1837, ainsi que son arrestation par les autorités. Il affirme d’abord que depuis sept ans, il « est absent du village [de Saint-Eustache] presque toujours onze mois dans l’année » puisque voyageant « sur les cages et sur les chantiers » forestiers. Il « ne venait à Saint-Eustache que pour partager ses épargnes avec son vieux père âgé de 76 ans ayant trois jeunes enfants à sa charge de son second mariage ». D’ailleurs, la seconde épouse de François Denis dit Laporte, son père, était une certaine Pauline Paquet.

Toujours dans son examen volontaire, il confirme s’être caché dans les bois, aux environs de Saint-Eustache, durant cinq jours, au moment de l’établissement du camp armé au village. Il était présent dans la région depuis déjà quelques jours. Il poursuit en ces termes : trois jours avant la bataille, « étant venu un jour chez mon père (du bois où j’étais caché) pour raccommoder mes souliers, le docteur Chénier et Girod vinrent chez nous me commander de me rendre au camp, sans quoi ils me trancheraient le cou ». Ainsi, si l’on se fie à ses propos, il est donc forcé, comme plusieurs, de se rendre au camp et de participer à la mobilisation des insurgés.

Antoine Denis dit Laporte affirme n’avoir jamais voulu s’alimenter au camp; il payait directement sa nourriture à Théodore Girard, gardien du magasin d’Hubert Globensky. De plus, il n’aurait jamais participé aux expéditions des patriotes qui avaient pour but de perquisitionner les habitants du comté et avoue candidement n’avoir pris aucune arme.

Enfin, voici, en ses mots, comment il relate sa fuite et son arrestation : « Au premier coup de canon, je me suis sauvé du village en gagnant la rivière à la Graisse [dans la région de Rigaud]. Avant cela, je ne pus pas me sauver du village vu qu’il y avait des piquets partout. Je fus pris au lac des Deux-Montagnes par des sauvages qui me conduisirent chez le capitaine Ducharme, qui me mena à la Rivière-du-Chêne, de là je fus conduit en prison où je suis maintenant ». Antoine Denis dit Laporte est incarcéré à la prison du Pied-du-Courant, à Montréal, du 17 décembre 1837 au 1er février 1838.

Références :

BAnQ, « Documents relatifs aux événements de 1837-1838 », Fonds Ministère de la justice, M-165-2, no 727, examen volontaire d’Antoine Denis dit Laporte, 1er février 1838.

BAnQ, « Documents relatifs aux événements de 1837-1838 », Fonds Ministère de la justice, M-165-5, no 3091, Registre de la prison de Montréal en 1837-1838.

GIROUX, André, « Les Patriotes de Saint-Eustache », La Revue des Deux-Montagnes, no 2, octobre 1995, p. 45-82.

PAQUIN, Jacques, « Tableau politique », La Revue des Deux-Montagnes, annoté par Claude-Henri Grignon, no 5, octobre 1996, p. 43-65.

Registre de la paroisse de Saint-Eustache, registre 1809-1814, folio 123.

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