André Girard

Il y a de ces personnages sur lesquels nous n’avons que très peu d’informations en rapport aux événements qui nous intéressent. En fait, la question à se poser est de savoir si, en ce sens, il est vraiment nécessaire de relater le peu de faits saillants d’un simple agriculteur qui, selon toute vraisemblance, n’a aucun lien direct avec les rébellions de 1837-1838. La question est pertinente puisque cet individu est probablement celui, du moins jusqu’à aujourd’hui, sur lequel nous avons trouvé le moins d’informations concernant 1837.

Au début de notre projet de publication en mai 2005, nos lecteurs se rappelleront cependant que nous nous étions fait un devoir de souligner l’implication de toutes personnes dans les événements de 1837, dans le comté des Deux-Montagnes, nonobstant leur importance.  Comme nous le disions : « le simple petit cultivateur aura sa place dans l’Histoire de 1837. » Voici donc la courte histoire d’André Girard.

André Girard naît à Saint-Martin, sur l’île Jésus, le 25 juillet 1789. Il est baptisé dans cette même paroisse dès le lendemain. Il est le fils d’André Girard et de Geneviève Rivière. Il épouse en premières noces Marguerite Poirier, à Saint-Martin, le 24 novembre 1818. Celle-ci est la fille de Joseph Poirier et d’Élizabeth Tarte-Larivière. Alors veuf et résidant sur la côte du Lac à Saint-Eustache, Girard épouse en secondes noces Émilienne Berthelet, en ce lieu, le 2 février 1830. Cette dernière est la fille de Jacques Berthelet et de Marguerite Ardois-Lajeunesse.

En outre, nous savons qu’au moment des troubles, soit de 1837 à 1839, André Girard est toujours cultivateur sur la côte du Lac à Saint-Eustache. Sa famille comprend alors neuf personnes.

On ne peut évidemment comparer Girard aux grands leaders patriotes tels Girouard, Scott, Berthelot, Chénier et compagnie. Il ne prend pas les armes contre les troupes britanniques et ne semble pas non plus participer aux nombreuses assemblées populaires qui caractérisent si fortement le comté des Deux-Montagnes entre 1834 et 1837.

À vrai dire, le premier témoignage qui relie André Girard aux patriotes est celui du curé Jacques Paquin de Saint-Eustache, un ardent constitutionnel. Ce dernier conçoit en 1839 un important recensement de tous les habitants de sa paroisse en spécifiant clairement l’allégeance politique – compromis ou non dans la rébellion de 1837 – de chacun. Comme plusieurs autres habitants de la côte du Lac, Girard est en effet considéré comme « compromis » dans les événements de 1837 à Saint-Eustache.

Toujours à Saint-Eustache, le docteur Charles Gordon O’Doherty réalise une liste semblable (et plus complète) en septembre 1839. Il fait toutefois une distinction entre « loyal », « patriote » et « rebelle ». André Girard est quant à lui qualifié de « patriote » et non de « rebelle », confirmant par le fait même qu’il n’a pas participé à la prise des armes de l’automne et de l’hiver 1837, initiée par le docteur Jean-Olivier Chénier et le Suisse Amury Girod.

Enfin, parmi 519 signatures, le nom d’André Girard apparaît sur une « pétition des habitants de Saint-Eustache afin d’avoir l’argent nécessaire pour reconstruire l’église paroissiale » le 27 novembre 1844, adressée au gouverneur Sir Charles Theophilus Metcalfe.

Nous ne savons malheureusement où et à quel moment André Girard décède.

Références :

BAC, Feddocs, Lower Canada Rebellion looses claims 1837-1855, Project #19-2, RG 19, series E-5-B (R200-113-0-F), volume 5482, no 190.

BAC, recensement de 1842, County of the Lake of Two-Mountains, St.Eustache Parish, bobine C-728.

PAQUIN, Jacques, « Tableau politique », La Revue des Deux-Montagnes, annoté par Claude-Henri Grignon, no 5, octobre 1996, p. 43-65.

Registre des baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Saint-Eustache.

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