Alexis Gosselin

Comme pour plusieurs autres personnages, nous ne possédons que très peu d’informations sur la personne d’Alexis Gosselin. À tout le moins, il existe quelques documents qui nous relate une possible (et lointaine) implication dans les événements insurrectionnels de 1837 dans le comté des Deux-Montagnes.

Alexis Gosselin naît vraisemblablement vers 1782, probablement au Sault-au-Récollet, sur l’île de Montréal. Il est le fils d’Alexis Gosselin et de Marie-Josephte Forget. On lui connaît un frère cadet, Jean-Baptiste, résidant de Saint-Eustache, dont l’allégeance politique est indéterminée. Alexis Gosselin épouse pour sa part Marie-Louise Groulx, au Sault-au-Récollet, le 6 février 1809. Cette dernière est la fille de François Groulx et de Marguerite Beaucaire. Selon les recensements de 1825 et 1851, Gosselin serait maçon et résiderait au village de Saint-Eustache, plus exactement sur la Grand-rue (actuelle rue Saint-Eustache) et sur la côte du Lac.

Gosselin semble avoir participé à l’assemblée constitutionnelle tenue à Saint-Eustache le 14 avril 1834. En effet, son nom se retrouve sur le compte-rendu de ce rassemblement qui est initialement organisé par le clan seigneurial des De Bellefeuille et Globensky. La grande assemblée bureaucrate est cependant perturbée par des patriotes présents en grand nombre dans la foule qui prennent alors le contrôle de l’événement en y nommant le notaire Joseph-Amable Berthelot et l’arpenteur Émery Féré aux postes de président et secrétaire de l’assemblée. De son côté, Gosselin semble avoir suivi le clan loyal qui poursuit tant bien que mal ses activités chez le notaire Frédéric-Eugène Globensky, devant 200 personnes qui adoptent cinq résolutions allant à l’encontre des 92 Résolutions.

Étrangement, Alexis Gosselin est qualifié non pas de « patriote », mais bien de « rebelle » (qualificatif encore plus radical, disons le ! ) par le docteur et capitaine de milice Charles Gordon O’Doherty, qui réalise un recensement de l’allégeance politique des habitants de Saint-Eustache en septembre 1839.

Le nom d’Alexis Gosselin se retrouve aussi sur une « pétition des habitants de Saint-Eustache afin d’avoir l’argent nécessaire pour reconstruire l’église paroissiale », adressée au gouverneur Charles Theophilus Metcalfe et datée du 27 novembre 1844.

Enfin, Gosselin semble avoir subi quelques dommages à ses propriétés à la suite du passage des troupes régulières et volontaires dans la région des Deux-Montagnes. Ainsi, il aurait réclamé la somme de 5 £, 3 sols et 9 deniers à la Commission des Pertes de 1837-1838. Il ne reçoit toutefois que 3 £, 13 sols et 9 deniers.

Alexis Gosselin décède à Saint-Eustache le 20 février 1864, à l’âge de 82 ans. Il est inhumé dans le cimetière paroissial de l’endroit deux jours plus tard.

Références :

BAC, Feddocs, Lower Canada Rebellion looses claims 1837-1855, Project 19-2, RG 19, series E-5-B (R200-113-0-F), volume 5482, no 190; commission 1, no 1094 ; commission 2, no 1719.

BAC, recensement de 1825, County of the Lake of Two-Mountains, St. Eustache Parish, bobine C-718.

BAC, recensement de 1851, County of the Lake of Two-Mountains, St. Eustache Parish.

La Minerve, 17 avril 1834, 15 mai 1834.

L’Ami du Peuple, 9 avril 1834, 16 avril 1834, 21 mai 1834, 5 juillet 1834.

Montreal Gazette, 8 avril 1834, 19 avril 1834.

Montreal Herald, 12 avril 1834.

The Vindicator, 15 avril 1834, 25 avril 1834.

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